Mais mobile, et c'est là ce que redoute Rousseau
GOUVERNEMENT DE POLOGNE. 2(r>
peuvent changer par mille causes, on peut se trouver successivement riche et pauvre avec la même somme, m;ii? non pas avec des hiens en nature; car, comme immédialc- HKMit utiles à l'homme, ils ont toujours leur valeur absolut qui ne dépend point d'une opération de commerce. J'accor-
i derai que le peuple anglais est plus riche que les autres peuples : mais il ne s'ensuit pas qu'un bourgeois de Londres vive plus à son aise qu'un bourgeois de Paris. De peuple à r>cuple, celui qui a plus d'argent a de l'avantage; mais cela ne fait rien au sort des particuliers, et ce n'est pas là que
[ gît la prospérité d'une nation.
Favorisez l'agriculture et les arts utiles, non pas en enrichissant les cultivateurs, ce qui ne serait que les exciter à (juiller leur état, mais en le leur rendant honorable et agréable. Établissez les manufactures de première nécessité;
\ multipliez sans cesse vos blés et vos hommes, sans vous mettre en souci du reste. Le superflu du produit de vos terres, qui, par les monopoles multipliés, va manquer au reste de l'Europe', vous apportera nécessairement plus d'argent que vous n'en aurez besoin. Au delà de ce produit iK'cessaire et sûr, vous serez pauvres tant que vous voudrez • Il avoir; sitôt que vous saurez vous en passer, vous serez riches. Voilà l'esprit que je voudrais faire régner dans votre système économique : peu songer à l'étranger, peu vous soucier du commerce, mais multiplier chez vous autant (ju'il 'st possible et la denrée et les consommateurs. L'effet Mifaillible et naturel d'un gouvernement libre et juste est la population. Plus donc vous perfectionnerez votre gouverneiwMit, plus vous multiplierez votre peuple sans même y uiig»M'. Vous n'aurez ainsi ni mendiants ni millionnaires.
1. Oii sait que le n)i de Franro i accapareur de grains (pacte de /aiiu''ine, en ce temps-là, s'était fait | mine).
U^ \u\o et l'indigence disparaîtront ensemble insensihloinent; et les citoyens, guéris des goûts frivoles que donne l'opuience, et des vices attachés à la misère, mettront leurs soins et leur gloire à bien servir la patrie, et trouveront leur bonheur dans leurs devoirs ^
Je voudrais qu'on imposât toujours les bras des hommes plus que leurs bourses; que les chemins, les ponts, les édifices publics, le service du prince et de l'État, se fissent par des corvées et non à prix d'argent. Cette sorte d'impôt est au fond la moins onéreuse, et surtout celle dont on peut le moins abuser : car l'argent disparait en sortant des mains qui le payent; mais chacun voit à quoi les hommes sont employés, et l'on ne peut les surcharger à pure perte. Je sais que cette méthode est impraticable où régnent le luxe, le commerce et les arts : mais rien n'est si facile chez un peuple simple et de bonnes mœurs, et rien n'est plus utile pour les conserver telles : c'est une raison de plus pour la préférer»
(Chapitre XI.)