‹ Extraits. Publié avec une introd. et des notesChapitre 149 sur 196 · et 28 janvier · texte numérisé non relu

et 28 janvier

CORRESPONDA^CE. 337

Mais ce verbiage, il s'y met tout entier, et cela même ne laisse pas d'être captivant.

Cliacun pris on son air est agréahlfi en soi.

Nulle part cela n'est plus vrai que dans les lettres, à condition que cet air personnel ne soit pas la platitude. Rousseau, lui, n'est jamais plat. L'autre excès, l'emphase, lui est bien plus ordinaire, mais une sorte d'emphase naturelle, le débordement du cœur. A une dame * qui lui exprinuut le désir d'entrer avec lui en conunerce épistolaire, il donnait ce petit avertissement préalable : a Quand j'écris avec plaisir, je veux écrire à mon aise. Si je ne dis ni ce qu'il faut, ni connue il faut, qu'importe'/ Ne sais-je pas que mes amis m'entendront toujours, qu'ils expliqueront mes discours par mon caractère, non mon caractère par mes discoui*s? » C'est assez dire, — il l'a sans cesse répété, il s'est bien souvent fâché quand on n'en tenait pas compte, — que l'expression de sa pensée, même dans ses libres épanchements, a toujours quelque chose d'outré, qu'il no faut pas le prendre au mot, que le premier mouvement chez lui dépasse toujours le but. Mais quand la passion {|ui l'anime n'est pas la rancune et le soupçon, que de jolies elfusions ! que de naïves tendresses ! Et souvent, dans les plus sombres accès, que de véhémence, quels accents de détresse ! La note qui domine dans la Correspondance, comme dans tout Rousseau, c'est donc, c'est toujours le lyrisme.

Elle se compose, dans l'état actuel, de quinze cents lettres environ qui se répartissent très inégalement entre les diverses périodes de sa vie. Il n'y en a guère plus de cent (|ui datent de sa jeunesse et de ses pi-emières années de l'aris. Elles se multiplient à partir de l'établissement à l'Ermitage. Mais ce sont les années de .Motiers qui en fournissent le plus. Rousseau se trouvait alors à dislance de Paris et de Genève où il avait la jdupart de ses relations. En outre sa gloire d'écrivain lui attirait quantité de c«UTes()ondants nouveaux. Quoitpi'il fît mille diflicultés pour répondre aux sollicitations dont on l'assiégeîrtt, quoi(|ue la lâche d'écriie lui fiU devenue odieuse, il y consacrait cependant une grande partie de ses loisirs, et les frais de poste absorbaient une notable portion de ses petits revenus. Cela continue en dimi uuant jusqu'en 1770. Enlln, revenu ù Paris, il s'i.sole de plus eu

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