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Rousseau l'attribue ailleurs à ua des vicaires du prélat

trine de l'Évangile », rien de plus; il est clair qu'il n'a pas souci de se justilier aux yeux d'un censeur dont il ne se reconnaît pas justiciable ; c'est à d'autres en réalité qu'il s'adresse : « Heureux, dit-il, d'èlre né dans la religion la plus raisonnable et la plus sainte qui soit sur la terre, je reste inviolablement attaché au culte de mes pères : comme eux je prends l'Écriture et la raison pour les uniques règles de ma croyance; comme eux je récuse l'autorité des hommes, et n'entends me soumettre à leurs formules qu'autant que j'en aperçois la vérité. » C'est encore à ce point de vue qu'il expose ses idées sur la tolérance. On s'étonna fort en France qu'il réclamât la tolérance théologique et fit bon marché de la tolérance civile : en France, en effet, les philosophes mêmes admettaient que l'Église maintînt son autorité dogmatique dans toute sa rigueur, ils voulaient au contraire que l'État se désintéressât du culte et retirât à l'Église l'appui du bras séculier. Mais Rousseau raisonne en Genevois : il consent à professer extérieurement un culte dans lequel il voit une institution nationale, mais il veut, selon l'esprit de la Réforme largement interprété, demeurer dans la communion chrétienne sans s'astreindre à aucun dogme, si ce n'est à ces <t dogmes essentiels », qui sont ceux de la religion naturelle. On voit donc quelle est sa thèse : il répète, sans en rien retrancher, tout ce qu'il a dit dans l'Emile de la révélation et des mystères, mais il s'attache à démontrer qu'il peut encore porter le nom de chrétien et faire légitimement partie d'une république où, dans ces limites, la foi de chacun ne relève que de sa conscience ; enfin qu'en écrivant l'Emile, il n'a pas démélilé de sa patrie, et qu'au contraire ceux-là seuls en ont violé les lois, qui ont condamné cet ouvrage. Telle est la conclusion implicite, mais très nette, de la Lettre à M. de ïieaumont. Rousseau comptait bien, et ses amis aussi, que le Petit Conseil se verrait aussitôt contraint par l'opinion de révoquer l'arrêt du 19 juin 1762. Au lieu de cela, défense fut faite d'imprimer la Lettre à Genève. L'expérience était décisive, et, un mois après, le 12 mai 1763, Rousseau prenait la résolution, qu'il avait ajournée pendant près d'un au, d'abdiquer soa droit de bourgeoisie.

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