‹ ExtraitsChapitre 6 sur 95 · LA FILLE D'O-TAITI · texte numérisé non relu

LA FILLE D'O-TAITI

Eh bien! daigne avec toi m'eramener, ô mon maître! Je lui serai soumise, et l'aimerai peut-être, Si ta joie est dans son amour !

« Loin de mes vieux parents, qu'un tendre orgueil enivre, Du bois où dans tes bras j'accourus sans effroi, Loin des fleurs, des palmiers, je ne pourrai plus vivre. Je mourrais seule ici. Va, laisse-moi te suivre, Je mourrai du moins près de toi.

« Si l'humble bananier accueillit ta venue, Si tu m'aimas jamais, ne me repousse pas. Ne t'en va pas sans moi dans ton île inconnue, De peur que ma jeune àme, errante dans la nue, N'aille seule suivre tes pas ! »

Quand le matin dora les voiles fugitives, En vain on la chercha sous son dôme léger; On ne la revit plus dans les bois, sur les rives. Pourtant la douce vierge, aux paroles plaintives, N'était pas avec l'étranger.

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