‹ F. BoucherChapitre 11 sur 67 · Edition Tourneux, t. X, p. 1 3G · texte numérisé non relu

Edition Tourneux, t. X, p. 1 3G

3. Recueil mar.uscrit de l'Arsenal (327, B. F.), publié dans la Revue universelle des arts. (T. V. p. 438.)

LES ARTISTES CÉLÈBRES

quoi faire plusieurs tableaux, mais une galerie entière, quelque longue qu'elle fût. Vous la peindriez, si j’étais Louis XV. Vous auriez pour cela plus d’avantages qu’aucun autre, indépendamment de vos talents; heureux Apelle, qui avez une Psyché vivante chez vous, de laquelle

vous pourrez faire une Vénus, quand il vous plaira »; et après une

longue description des scènes choisies par lui, il ajoutait comme dernier conseil : « Je vous exhorte à lire Psyché , opéra de Quinault, et Psyché ,

comédie de Molière : cela donne toujours des idées ; l’esprit remué

échauffe la tête et anime la main, et cela ne peut que bien faire. On peut voir aussi, par curiosité (!) la Psyché de Raphaël, gravée par Marc Antoine, à ce que je crois ; elle est chez M. Crozat et chez M. Mariette. Mais ce qu’il y a de mieux à faire, c’est de lire et relire la Psyché de La Fontaine, et surtout de bien regarder Mmc Boucher. »

S’il faut en croire les révélations posthumes des bibliothèques, Boucher ne fut pas longtemps seul à regarder sa femme, et, s’il la négligea souvent, elle sut se consoler quelquefois. On lit en effet, dans un exemplaire de Faunillane ou T Infante jaune (1741, in-40 avec l’adresse : A Badinopolis), cette note manuscrite d’un bibliothécaire deM. Paulmy : « Ce roman est du comte de Tessin, ambassadeur de Suède en France, qui, amoureux de Mme Boucher, fit, pour avoir occasion de la voir souvent, faire les dessins des estampes par son mari, Boucher, le

peintre Sur le point de retourner en Suède, il fit présent de ces

planches à Duclos, lequel a composé, pour en tirer parti, le roman d 'Acajou, où les planches sont distribuées différemment que dans Faunillane L »

Ce roman d' Acajou et Z irphyle 1 2, histoire du géant Podogrambo et de la fée Harpigine, est un conte à dormir debout, d’une grande fadeur : les planches y paraissent déjà un peu fatiguées, mais elles sont d’un tour très moderne, et l’on y retrouve, notamment dans le dessin qui représente le Jeune prince Acajou se rendant dans les lieux les plus écartés du parc , pour rêver à la belle Zirphyle, des traces certaines de l’influence de Watteau. Boucher n’avait pas oublié, nous le verrons bientôt, les leçons silencieuses et fécondes que le maître lui avait données dans ces longs tête-à-tête dus à la libéralité de M. de Julienne.

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