FRANCK
FKINTRI-.S
FRANÇOIS UOLCIlliR. —
LES ARTISTES CÉLÈBRES
vu de leur condition misérable et semble n’avoir retenu que la mélopée de leurs appels rythmés, montée jusqu’à sa fenêtre dans l’air léger d’un beau matin. Son dessin ne sut jamais serrer la réalité; il réserva toujours dans son allure sautillante et son contour flottant la place de la fantaisie.
Mais ce n’étaient là que des travaux accessoires; il ne négligeait pas son chevalet. L’Académie de peinture et sculpture, « ayant voulu juger avec connaissance de cause de la capacité des habiles gens qui la composent à l’occasion d’une élection d’officiers, avait résolu que le samedi 2 de juillet (1735), chacun des prétendants ferait apporter quelque morceau de sa façon fait ou fini dans la présente année !. » Boucher n'avait pas manqué de se mettre sur les rangs avec Van Loo père, Colin de Vermont, Carie Van Loo, Parrocel, Natoire, Jeaurat, Tocqué, Chardin. 11 avait envoyé quatre « petits morceaux représentant les Quatre Saisons, par de petits faunes et des enfants qu’on trouva très beaux tant pour la vive couleur, le relief et le pinceau que pour l’aimable invention », et, « dans l’assemblée tenue après l’examen de tous ces ouvrages », il avait été élu, avec Carie Van Loo et Natoire, adjoint à professeur.
C’était une nouvelle consécration officielle et comme une désignation pour les travaux plus importants qui allaient lui être bientôt demandés. On n’avait même pas attendu ce moment pour l’employer à la cour : quand, en 1734, on voulut remplacer par un décor plus gai les peintures de la chambre de la reine devenues noires et « qui rendaient l’appartement sombre et triste », c’est à lui qu’on s’était adressé; et il peignit les quatre jolies grisailles, la Charité, Y Abondance, la Fidélité, la Prudence, qu’on voit encore en place. En 1735, il reçevait 1,000 livres pour ce travail2. Avec sa tendance à ne prendre de chaque chose que la fleur, sa promptitude à voir d’ensemble et son aimable fougue de pinceau qui évoque les formes et les saisit au vol, Boucher était le décorateur prédestiné d’une cour qui, trouvant le goût d’Oppenord déjà trop sévère pour elle, venait d’adopter Meissonnier.
Les Cris de Paris étaient à peine mis en vente qu’on annonçait une série d’estampes, d’après un petit nombre de sujets de l’histoire de Don Quichotte, « composés par MM. Parrocel, Boucher, Trémolières et autres habiles peintres, pour faire suite à ceux qui ont été gravés d’après les tableaux de M. Goypel». (Avril 1737.) Boucher ouvrait la marche avec