LES AMOURS PASTORALES
LES ARTISTES CELEBRES
finissant, que, « sous l’auguste toit de Louis », il pourrait contracter une manière plus « grande, plus mâle et plus fière » :
Le goût participe au séjour Et le lieu qu’on habite inspire;
Près d’être un Homère à la cour,
Virgile aux champs n’est qu’un Tityre L
Ces promesses et ces espérances n’avaient point eu d’effet. L’atelier demandé en même temps par plusieurs sculpteurs, notamment par Adam l’ainé, comme « propre à faire de grands morceaux », avait été refusé à notre peintre, qui dut se contenter jusqu’à nouvel ordre de son logement de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, vis-à-vis la rue des Deux-Ecus1 2. Peu de temps après, il est vrai, on lui accorda, comme dédommagement, un atelier à la Bibliothèque du Roi, au-dessous du Cabinet des médailles, dans les salles du rez-de-chaussée, ouvrant sur la cour intérieure3 4, et que Restout, Vien et Houdon occupèrent successivement après lui.
C’est Marigny qui devait donner à Boucher cet atelier si désiré « aux galeries du Louvre », celui de Charles-Antoine Coypel, premier peintre et garde des dessins du Roi, devenu vacant par suite de la mort de son titulaire, le 14 juin 1752. Cochin fut nommé au cabinet des dessins et, dans le monde des artistes, Boucher fut désigné au premier rang des candidats papabili pour les fonctions de premier peintre. On lit en effet dans une lettre écrite alors de Rome par Natoire à son ami Ant. Duchesne 5 : « Cette belle place ne convient point à tous. Si j’étais sur les lieux et qu’on me fit l’honneur de (me) mettre sur les rangs, je ne me soucierais point de succéder à un homme tel que celui que nous venons de perdre... Je m’imagine entendre tous les discours de Boucher et ceux de Van Loo : les voilà tous deux dans une belle expectative. Je n’attends plus que la nouvelle de la décision pour leur faire mon compliment. »