‹ F. BoucherChapitre 35 sur 67 · LES AMOURS PASTORALES · texte numérisé non relu

LES AMOURS PASTORALES

LES ARTISTES CELEBRES

Et ce bénéfice, il le demandait — c’est Boucher qui est censé écrire — avec l’engagement solennel de pratiquer la résidence :

Mieux qu’on ne la pratique en France Dans maint palais épiscopal.

Ce n’était pas chez lui insatiable avidité, mais plutôt nécessité ,

... Dieu me créant

Ne m’a pas beaucoup mis au large,

Et je sue en y suppléant;

et, résigné à se mettre jusqu’au bout, pour le compte de son ami, en grande dépense d’humilité, Piron instituait entre « le mort illustre et l’aspirant » un parallèle fantaisiste, écrasant pour celui-ci, — sorte d’examen de conscience, qui n’est en somme qu’une jolie définition de l’idéal de Boucher, de Piron lui-même et de leur temps. Coustou, c’est « Phidias, Lysippe et Praxitèle » ; un Apelle seul « ce Carie Van Loo d’autrefois » (!), pourrait lui succéder dignement; mais Apelle n’est pas le fait de Boucher, qui ne « tire de sa cervelle » :

Qu’objets fripons, jolis minois,

Qu’amour et que ce qu’il inspire :

Une bergère qui se mire

Dans l’onde, un bouquet sur le sein;

De nymphes un folâtre essaim Que l’œil en feu lorgne un satyre....

Je ne recherche pour tout dire Qu’élégance, grâce, beauté,

En un mot que ce qui respire Ou gentillesse ou volupté;

Le tout sans trop de liberté,

Drapé du voile que désire La scrupuleuse honnêteté;

Voile mince à la vérité,

Gaze qu’avec facilité L’imagination déchire.

Tel est le genre accrédité

Où le goût régnant me condamne.

J’ai des enfants et des besoins;

Plaire est mon but, et l’on court moins A Michel-Ange qu’à l’Albane !

Pour mieux toucher Tournehem, il laissait espérer, il est vrai, en

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