J E U N F, FILLE
Dessin sur papier gris, au crayon noir, rehaussé de blanc. (Ancienne collection de M. le baron de Schwiter.
tous. Il y fallait du tact, de l’activité, de la souplesse, de la fermeté et une constante application; or, les deux candidats de Natoire auraient
LES ARTISTES CELEBRES
fait de médiocres administrateurs; Grimm prétend que Van Loo ne savait ni lire ni écrire 1 ; Boucher avait trop à faire. Même après leur élévation à ce poste envié, nous verrons qu’ils n’en exercèrent ni l'un ni l’autre les fonctions; ce fut Lépicié et après lui Cochin que Marigny chargea, comme on disait alors, « du détail des arts ».
On avait d’ailleurs en ce moment toutes sortes de bonnes raisons pour ajourner la nomination du premier peintre. L’argent manquait; on en était réduit aux expédients. Il faut avoir dépouillé les lettres éplorées du Directeur général au Contrôleur général des finances, les réclamations des entrepreneurs et même des ouvriers, pour soupçonner l’état de dénuement où était tombé le Trésor. Gomme il ne pouvait être question d’arrêter les folles prodigalités, on recherchait les petites économies. Charles Goypel, quand on l’avait nommé, en 1747, avait été loyalement averti par M. de Tournehem qu’il n’aurait à compter que sur le dixième de la pension anciennement affectée à sa place, soit 1,200 livres, plus 2,000 livres de grande livrée. On lui laissait espérer, il est vrai, qu’ « après la paix », il serait possible de faire mieux; mais, le décès du duc d’Orléans l’ayant privé d’une pension qui l’aidait à vivre, le pauvre premier peintre en était réduit quelques mois avant sa mort « à exposer à Sa Majesté la médiocrité de sa fortune et à La supplier qu’on le mît en état de soutenir la place qu’Elle avait bien voulu lui confier ». Il recevait ainsi, à grand’peine, un secours personnel de 3,ooo livres 2.
Dans ces conditions, le poste n’était guère enviable et la seule partie de la succession de Coypel que Boucher dût désirer vraiment, c’était son atelier et logement du Louvre; il en obtenait la jouissance au mois de septembre 1752 3. L’atelier qu’il occupait à la Bibliothèque du Roi était attribué à Restout, qui cédait le sien au « sieur Vien, jeune peintre arrivé depuis peu de Rome ».
Avant de s’installer, Boucher demandait des réparations4. Il est inutile de révéler au lecteur ce qu’il eût fallu refaire aux cloisons de distribution trop faibles pour porter le faux plancher de l’atelier, au petit