JEUNE FILLE
Dessin de F. Bouclier, sur papier gris, au crayon noir rehaussé de blanc. (Ancienne collection de M. le baron de Sclnviter.)
chargée d’aller examiner la collection du marquis de Grillon, près des Célcstins et d’y choisir les tableaux dignes d’entrer au Cabinet du Roy;
LES ARTISTES CELEBRES
le 25 septembre il est désigné avec les mêmes collègues pour vérifier « l’état des tableaux de Rubens, décorant la galerie de ce nom au palais du Luxembourg qui se trouvent attaqués de gris » et « constater par un procès-verbal si le secret de la dame Godefroy et du sieur Colin pour enlever les gris de ces tableaux sans les déplacer peut, indépendamment de la réussite de l’opération, ne leur apporter et causer par la suite aucun dommage 1 ». 11 a ses élèves, qu’il est toujours prêt à appuyer et à aider, et dont les succès le réjouissent. En 1748, le premier prix de peinture de l’Académie est obtenu par le sieur La Traverse, élève de M. Boucher ; en ij5o, le lauréat du concours est le sieur Mélinde, élève de M. Boucher; en 1751, c’est Deshayes, élève de M. Boucher, qui est envoyé à Rome. Le 3i décembre 1753, Carie Van Loo, gouverneur des élèves protégés, est averti par une note de recevoir à la dite école le sieur Brenet, peintre d’histoire, élève de M. Boucher, qui a remporté le prix de peinture par le jugement rendu le 29 décembre 1753, et le sieur Fragonard, peintre d’histoire, élève de M. Boucher, qui a remporté le premier prix de peinture par le jugement rendu le 26 août 1752 2.
Pour tenir tête à tant de travaux, de besogne et de soins, il faut faire presto. On peut dire que Boucher était dès lors trop occupé. Aussi, quand Reynolds, passant par Paris vers cette époque, alla lui rendre visite, il le trouva en train de peindre un fort grand tableau pour lequel il n’employait « ni esquisse, ni modèle d’aucun genre. Sur ce que je lui en témoignai ma surprise, il me répondit qu’il avait regardé le modèle comme nécessaire pendant sa jeunesse, lorsqu’il étudiait son art, mais qu’il y avait longtemps qu’il ne s’en servait plus... 3 » Quand il peignait le Peintre dans son atelier de la galerie La Caze, il accrochait encore un gros cahier d'études et d’esquisses à côté du chevalet; le livre d’études a disparu de la Peinture , gravée en mai 1752 par Marie-Madeleine Igonet, où il s’est représenté en robe de chambre et bonnet de coton, à la Chardin, assis devant sa toile, dans tout le feu du travail, plein de vie au milieu de son atelier encombré d’un amusant fouillis, entre sa femme qui, un enfant dans les bras, regarde par dessus son épaule, et deux jeunes garçons dont l’un broie des couleurs, l’autre tient un cartable.