Arch. nat., O
F R A N Ç O I S BOUCHER
Sous l’empire de ces idées, on choisit comme sujets 1 : Auguste fermant les portes du temple de Janus; Titus rendant la liberté à ses prisonniers ; la Justice de Trajan; la Charité de Marc-Aurèle; et comme peintres -, Carie Van Loo, Vien, « dont vous connaissez la sagesse dans la composition et le beau fini dans l'exécution » ; Deshayes, dont Y Observateur littéraire disait que ce « gendre du Fontenelle de la peinture pourrait bien un jour en devenir le Corneille »; enfin, Boucher « qui, écrivait Cochin, désire depuis si longtemps d’avoir enfin l'occasion de traiter un morceau d'histoire 3 ».
Puisqu’on ne pouvait plus faire en tout repos et contentement d’esprit les Quatre Saisons et les Quatre Eléments, que le titre de « peintre des Grâces » allait devenir une sorte de note infamante et qu’à produire toujours des Nymphes au bain, des Grâces au bain, des Attentions dangereuses, des Caresses dangereuses, des Baigneuses surprises, des Hymen et l’Amour et autres frivolités galantes, comme celles que les estampes de Fessard, de Ryland, de Gaillard, de Beauvarlet répandaient à ce moment meme dans le public, il jouait sa considération auprès des gens sérieux, le pauvre Boucher, vaguement inquiet et troublé dans sa conscience, demandait à montrer qu’il pouvait lui aussi, tout comme un autre, « traiter un morceau d’histoire », et Cochin, qui connaissait bien et aimait le vieux maître, s’employait délicatement à satisfaire ce désir.