‹ F. BoucherChapitre 61 sur 67 · Almanach des artistes, 1777, p · texte numérisé non relu

Almanach des artistes, 1777, p

d'UviJe ( 1 767.)

LES ARTISTES CELEBRES

moment oh vous obtenez ce titre que vous donnez la première atteinte à une de nos plus utiles institutions, et cela par la crainte d’entendre une vérité dure b » Et dans son Etat actuel de la peinture : « J’allais oublier celui-là. A peine laissera-t-il un nom, et il eût été le premier s’il eût voulu - ! »

Voilà de vos arrêts, messieurs les gens de goût !

comme avait dit Piron, vieilli lui aussi, devenu presque aveugle, dévot, essayant de faire son salut en paraphrasant des psaumes, et que Diderot appelait maintenant « un vieux fou qui se frappe la poitrine et se fesse devant Dieu de tous les mots plaisants qu’il a dits ».

Nous touchons à la lin. Le Salon de 1769 fut le dernier Salon de Boucher : il y envoyait une Caravane de bohémiens dans le goût de Benedetto. Le vieil athlète « n’avait pas voulu mourir sans se montrer encore une fois sur l’arène », écrivait Diderot un an plus tard : « Approchez, c’est ici le grand tapageur! » On lit froid accueil à cette dernière œuvre, et le bon des Boulmiers, « capitaine de cavalerie », dut, avec les meilleures intentions du monde, agrandir la blessure du vieux maître, en imprimant dans le Mercure : « Cet artiste chéri de la nation qu’il enrichit par ses travaux et qu’il honore par ses talents ne doit pas supposer une intention méchante à ceux qui semblent priver ses derniers ouvrages des éloges qu’ils méritent pour les prodiguer à ceux qui les ont précédés. C’est moins une affectation maligne de l’envie qu’une inconstante faiblesse de l’esprit humain qui, toujours errant dans ses goûts, aime mieux regretter les choses passées que de jouir de celles qui sont présentes. »

Les éloges devenaient en effet plus rares, les critiques plus nombreuses et plus pressantes. Un savant suédois, Liden, qui voyageait en Lrance en 1769, et a laissé des notes manuscrites pleines de détails sur les bibliothèques, les savants et les artistes français du temps, résumait ainsi les conversations courantes et les jugements qu’il avait recueillis sur Boucher : « On lui reproche de manquer de correction, des yeux trop grands, des nez trop petits et de la monotonie d’expression 1 2 3. »

Le « grand tapageur » ne lâchait pourtant pas ses crayons; il signait

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