‹ F.-D. Froment-Meurice, argentier de la villeChapitre 6 sur 20 · Ce beau bijou appartient à Mms Feuillant · texte numérisé non relu

Ce beau bijou appartient à Mms Feuillant

De 1 839 à 1844, date de l’Exposition où le jury accorda à Froment- Meurice une seconde fois la médaille d’argent sur le rapport très favorable de M. Denière, nos cartons de notes sont particulièrement chargés. La vie mondaine tient une large part dans les travaux de notre orfèvre.

Les lithographies de Gavarni et des Dévéria, les peintures des Johannot, les illustrations de Jehan Gigoux, nous montrent les « lions » ramenant leurs cheveux en toupet, encadrant leur visage dans des favoris plats, pincés dans des habits à taille et à hautes épaules, faisant bomber leur poitrine sous des gilets ouverts, et le col pris dans la mousseline ou la soie de cravates larges qui descendaient sur la chemise. L’épingle piquée sur cette cravate était le plus souvent une figurine, un groupe. Froment-Meurice en fournit de vraiment précieuses ; un Saint Michel perçant Satan renversé ; la Vérité sur la margelle du puits; une Jeanne Darc ; une Vénus désarmant son fils ; la Esméralda , le pouce sur la peau du tambourin, avec sa chèvre qui se cabre.

Tels étaient les motifs, le plus souvent littéraires et romantiques. Sur un bois du temps, représentant une de ce s épingles, je distingue cependant cinq perles parmi des feuilles émaillées, qui figurent des têtes de pavots.

Un « lion » n’errait complet sur le boulevard des Italiens qu’avec une canne, et une « lionne » au Bois, qu’avec une cravache à tête ciselée. Nous avons vu plus haut les remerciements de Balzac à propos de la ronde de singes qu’avait modelée pour lui Louis Cavelier : « Elle est d'une perfection inouïe et digne de vous!... » Feuchères, habile et fin compositeur, avait aussi donné, en demi-relief, un Camp du Drap d’or , une Chevauchée moyen âge , un Don Quichotte escorté de Sancho. Dans mes souvenirs d'enfant, Roger de Beauvoir, notre voisin de campagne, à Santeny, rend des visites à mon père accompagné d’un jonc énorme qui se termine par un casque en acier à visière baissée.

On portait volontiers au petit doigt des bagues évidées dans un anneau de fer; et les Naïades , Y Ange gardien, de Pradier, firent fureur.

Ces têtes de canne, ces bagues, ont subi le sort des ferronnières et des châtelaines. Elles furent déshonorées par la pacotille, grossièrement surmoulées en fonte de fer.

La pierre enchâssée les a remplacées. Il faut le regretter. Elles exigeaient des artistes l’imagination, le goût, le rendu.

Le bijou ne comporte ni la banalité, ni l’imitation, ni le lâché. Il doit sortir d'un atelier d’élite, sous peine de faire passer celui qui s’en orne pour un enrichi d’hier ou pour un nouveau débarqué. On n’a point à prendre une loupe pour chercher l’adresse de l’orfèvre qui l’a vendu. Il porte sa signature dans son style, son effet, son relief, sa coloration, son rendu, comme une statue ou un bas-relief. Telles furent les pièces livrées par Froment-Meurice, et ces frêles figurines ont plus fait pour sa mémoire que ses grands et riches ouvrages d’orfèvrerie.

Les ferronnières, les broches, n’ont pas survécu. La mode des bandeaux aplatissant les cheveux et dessinant avec rigueur le bombé du front n’a pas repris. Le peigne orne la tête au second plan; encore aujourd’hui n’est-il conservé que pour les visages qui ont le style classique. Le coiffeur a vaincu l’orfèvre. Les broches aussi ont disparu de la toilette de ville. Elles ne se composent plus, dans les toilettes de gala, que de morceaux de diamant de plus ou moins grand prix. Nos mères ne dédaignaient pas le corsage à plis et les manches bouffantes. Cette toilette, plus étoffée que l’ajustage moderne, supportait mieux le motif ornemental de la broche qui, en outre, pouvait s’adapter à un développement de bracelet. Froment-Meurice dessina des broches dont les titres parlent : broche François Ier , broche Médicis , bracelet Renaissance, avec figurines et tresses à jour.

La veuve de l’artiste joaillier en a conservé une, Y Harmonie, dont

quelques parties sont émaillées à la façon du XVIe siècle; l’Harmonie

joue de la viole, entourée de génies qui la caressent, chantent ou dansent.

J’ai aussi sous les yeux un très élégant bracelet en or ciselé : deux figures ailées soutiennent un écusson timbré d’une couronne de marquise au centre d’un développement fait de feuillage et de fleurs.

Quelques lignes, transcrites dans un rapport de M. Denière (1847), vont donner le sens de l’attention que les hommes les plus sérieux accordaient aux efforts du bijoutier-orfèvre.

Destiné dès l’enfance à succéder à son père dans un établissement dont la formation remonte à la fin du siècle dernier, M. Froment-Meurice suivit jeune ses leçons de dessin et de sculpture, et compléta ces travaux par un long apprentissage de ciselure. Wagner fut son modèle et son émule. Comme lui, il s’inspira des œuvres des XIVe, XVe et XVIe siècles, et, comme lui, il puisa des idées dans les riches et précieuses collections du musée Charles X, de la Bibliothèque royale, de M. du Sommerard, de M. de Bruges, etc., où le talent original et personnel de

l’artiste s’agrandit et se retrempa. Les styles Louis XIV et Louis XV, qui se prêtent si merveilleusement aux coquetteries et aux légères gracieusetés des bijoux, fixèrent ses soins et son attention dans la fabrication de la haute bijouterie. Depuis i83g, il a marché de progrès en progrès , secondé par nos premiers sculpteurs, ciseleurs et architectes, et tout en continuant à faire lui-même une partie de ses dessins et de ses modèles.

Le rapporteur cite : « dans le style allemand » (ce qui n’était pas fort exact), la Coupe des vendanges. La monture était formée par un cep de vigne dont les feuilles étaient en or

émaillé, et d’où pendaient des grappes aux grains en perles fines. Les figures qui se groupaient dans les nœuds avaient été ciselées par le célèbre Wechte, d’après les dessins de M. Froment-Meurice;

Un coffret en fer, en fer fondu damasquiné d’or, reconstitué d’après les fragments mutilés d’un coffret ancien. (Ce coffret, non terminé alors, appartint plus tard au comte de Paris. Il fut répété en fer forgé en 1849);

Des patères, des coupes, des tasses en agate, avec figurines et avec ornements niellés ;

Dans le style Louis XIV, deux parures complètes en diamants et briolettes ; un bouquet de lys , d’après les dessins de Cardillac; et dans le style Louis XV, des flacons , des bonbonnières , des tabatières en or, et de charmants cadres minuscules pour les peintures de Meissonier.

Nous signalons, s’ils passent jamais en vente, ces cadres ciselés

pour des peintures ou des aquarelles, probablement de proportions lilliputiennes. Nous regrettons de ne pas connaître le nom du gourmet d’art qui les avait commandés. La plupart des autres pièces que nous venons d’énumérer avaient été exécutées pour la duchesse d’Orléans, pour la Ville de Paris et « pour plusieurs grands personnages, protecteurs éclairés de l’art de la ciselure ». Ces mots discrets désignaient sans doute aux initiés le duc Albert de Luynes.

Avec les travaux de fond était venue la vogue. L’Exposition de 1839 avait suffi pour mettre en vue les ambitions de l’artiste et du fabricant. Froment-Meurice, à qui, en 1839, moins de vingt-cinq ouvriers suffisaient pour un chiffre d’affaires de 200,000 francs, en occupait, en 1844, quatre-vingts, et produisait trois fois autant. Il pouvait se vanter de l’appui moral ou effectif de Paul Delaroche, de Pradier, Gatteaux, Victor Baltard, Jean Feuchères, Louis Cavalier.

Il lui fallait, en effet, une équipe d’élite et des capitaux sans cesse croissants pour la mise en train et la livraison de travaux tels que ceux que nous allons énumérer.

En 1841, il livra en Russie, à la comtesse de Boobre, une toilette en argent ciselé, comprenant un grand miroir avec porte-bougies, un miroir à main, une aiguière et sa cuvette.

Nous préférons à cette toilette de style un peu confus le seau à rafraîchir de Mme Sabattier d’Espeyran. Le goût en est bien plus français. Froment-Meurice avait peu de sympathie pour le Louis XV; mais il le sentait. Ici, sans en amoindrir la donnée, et en modérant seulement les saillies, il obtint une œuvre à la fois douce et vive. Le petit bois que nous lui avons consacré rend bien l’allure de ce charmant objet de table.

En 1842, s’acheva un calice pour le pape, offert par l’abbé Combalo et payé avec le surplus d’une souscription pour une œuvre de bienfaisance. C’était une reprise de l’emploi de ces émaux limousins qui avaient donné tant de style à l’orfèvrerie sacrée. Sur le pied,

entre les groupes assis de la Foi, l’Espérance et la Charité, trois émaux peints représentaient des scènes de l’Ancien Testament. Et des scènes analogues se répétaient au nœud, entre les figures debout et adossées des quatre Évangélistes. « Les émaux du pied, écrivait l’orfèvre dans une note distribuée aux membres du jury de 1844, les émaux du pied forment une double courbe; au feu, les plaques voilent et se dérangent; pour en obtenir trois, nous en avons perdu dix. Sont venues ensuite les difficultés de l’ajustage; c'est une affaire de précision dangereuse à cause de la fragilité des émaux. » La fausse coupe, celle qui soutient le gobelet réel, était composée de lis émaillés en blanc, de feuilles de vigne émaillées en vert, et de grappes de raisin formées de perles noires.

Ce fut, nous dit-on, un des ouvrages les plus parfaits dans toutes leurs parties qui soient sortis de ses mains.

Commencé le 1 5 février, le Bouclier des courses, œuvre exceptionnelle que nous retrouverons à l’Exposition universelle de 1 855, fut terminé le 3 mai 1844. On y avait travaillé sans désemparer.

Un premier modèle avait été exécuté en fer repoussé.

Le corps du second est de tôle d’acier; les bas-reliefs sont ajustés à fleur de tôle et retenus par les cadres extérieurs qui forment feuillure. Les ornements sont en repoussé, ou, — la frise du tour, par exemple, — pris sur pièce, selon que la précision de l’ajustage a nécessité l’emploi de l’un ou de l’autre de ces moyens.

La reproduction des bas-reliefs par le procédé galvanoplastique n’avait pas réussi.

Après bien des tentatives j’ai dû y renoncer. Dans l’état actuel de cette découverte, la reproduction de sculptures à saillies vigoureuses et offrant des rugosités ne me semble pas possible. J’ai dû revenir à la fonte; et pour conserver intact le travail du sculpteur, pour faire que ces bas-reliefs, surtout à cause de celui de M. J. Feuchères, conservassent leur facture originelle, quoique les faisant ciseler sous mes yeux et y consacrant près d’un mois du travail de chacun de mes meilleurs ouvriers, j ’ai voulu, dis-je, que le travail se bornât à réparer les défauts de fonte et

1. A Messieurs les membres du jury central. Brochure de 4 pages in-octavo, signée Froment- Meurice, orfèvre-joaillier de la Ville de Paris. Imprimée par Béthune et Plon.

suivît fidèlement la cire, sans qu’il restât trace d’outil ou de rifloir. La frise de tour est entièrement prise sur pièce.

Nous avons fait dessiner et graver sur bois avec le plus grand soin ce Bouclier, qui fit à l’époque un effet considérable et qui est actuellement en Russie l. Wechte avait mis à la mode cette forme et ce cadre peu pratiques.

Voici l’amusante et exacte description qu’en donna Théophile Gautier dans la Presse :

... La principale pièce exposée par Froment-Meurice est un bouclier en argent et en fer, destiné à être offert en prix aux courses, que l’on croirait, pour la beauté du travail et la variété des ornements, avoir appartenu à quelques-unes de ces armures enchantées des poèmes épiques et des romans chevaleresques. Il se compose d’un sujet central ronde bosse, de quatre bas-reliefs, et d’une frise ou bordure. C’est l’histoire cyclique du cheval, motif qui doit plaire aux sportsmen du Jockey-Club.

Le milieu, modelé par Jean Feuchères, représente Neptune domptant les chevaux. Comme chacun sait, Diodore et Pausanias attribuent à ce dieu l’art de réduire les coursiers au frein. Neptune est donc le premier gentleman rider et avait le droit de figurer dans un bouclier hippique, d’autant plus que, selon Virgile, il a fait sortir le cheval de terre d’un coup de trident, cumulant ainsi les fonctions de créateur et d’écuyer. Ceci est la période fabuleuse de l’histoire du cheval, comme qui dirait le règne de Pharamond pour l’histoire de France ou celui de Romulus pour l’histoire de Rome. Ce groupe est plein de feu et de mouvement. Peut-être, s’il faisait partie d’un bouclier réel, pourrait-on lui reprocher un peu de saillie. Mais l’écu est une arme depuis longtemps tombée en désuétude, et il n’est guère probable que le propriétaire des coureurs à qui le prix sera décerné aille à la guerre avec le bouclier Froment-Meurice. Il se contentera probablement de l’appendre à la muraille de son cabinet ou de son fumoir, entre quelque trophée de pipes ou de fusils de chasse.

Le premier bas-relief, sculpté par Rouillard, qui ne le cède qu’à Barye pour les animaux, nous fait voir le cheval à l’état sauvage, bondissant dans la force de sa

i. Le bois ci-contre a été dessiné par M. Ch. Courtry, d’après une photographie faite par M. Richebourg à une époque où les procédés, beaucoup moins perfectionnés qu’aujourd’hui, laissaient invisibles une foule de détails. Le jeune artiste les a restitués avec exactitude, et il a trouvé dans M. Marais un interprète aussi précis qu’agréable. Au moment où le « procédé » menace l’art du graveur sur bois, il est opportun de signaler ce chef-d’œuvre d’interprétation et de gravure.

liberté, mais ayant le léger inconvénient d’être poursuivi à outrance par des tigres très férocement modelés. Quel que soit le charme de l’indépendance et de la poésie de la savane ou de la steppe, il vaut assurément mieux être dans une box installée à l’anglaise, même à la charge de porter de temps à autre une soixantaine de livres sur le dos sous prétexte de jockey.

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Le second, modelé par Jean Feuchères, représente le cheval, non plus sauvage, mais barbare encore, s’associant aux périls et aux combats de cavaliers hardis. Une horrible mêlée de guerriers, rappelant la Bataille des Cimbres , de Decamps, montre le noble animal échevelé, furieux, partageant l’enivrement de carnage de son maître. La fierté et la bizarrerie des détails, la pétulance du mouvement et

l’âpreté générale du style, caractérisent bien cette époque de transition dans l’art équestre.

Le troisième, arrangé d’après Pluvinel par Justin, a pour sujet une chasse du temps de Louis XIII. Le cheval est arrivé déjà à un grand degré d’éducation; il est plein de fatuité et de manières, comme un raffiné. La tête est placée d’un air coquet, la hanche bien rangée; il fait des changements de pieds, des voltes et des courbettes, comme s’il était dans un bal ou dans un carrousel. Nous ne serions pas étonné qu’il eût pris des leçons de danse entre les poteaux du manège. Justin a très heureusement surmonté les difficultés que lui offrait ce motif. Il a été fin sans sécheresse et sans minutie. Le feuillé des arbres, les dentelles, les costumes, les détails des petites têtes, sont très délicatement rendus.

Le quatrième, par Schœnwerk, d’après les indications d’Alfred de Dreux, représente l’hippodrome de Chantilly : c’est le moins heureux de tous; mais la faute n’en est pas à l’artiste. Un pareil sujet offre de grandes difficultés. On sait que ce n’est pas précisément par le pittoresque que brillent les Anglais, et maintenant tout ce qui concerne les courses se fait à la mode anglaise. Des chevaux entraînés , montés par des jockeys réduits, et lancés à toute vitesse, c’est-à-dire se rapprochant le plus possible de la ligne horizontale par la maigreur de leurs formes et la similitude de leurs poses, ne prêtent que médiocrement à la sculpture. Schœnwerk s’en est tiré avec beaucoup d’adresse et d’esprit. Un cheval de course est comme une danseuse ; il n’est beau que par l’action, et la statuaire est le plus immobile et le plus arrêté de tous les arts. La laideur est un fait moderne contre lequel les artistes se débattent tant qu’ils peuvent : nos maisons, nos habits, nos meubles, nos voitures, nos attelages, nos armes, nos ustensiles, sont hideux; pour s’en convaincre, il n’y a qu’à les faire peindre ou sculpter.

Une frise sur pièce, composée de têtes d’animaux, d’attributs de chasse, cercle et relie ces différentes compositions. Ce qu’il a fallu de temps, de peine, de patience et de talent pour traduire sur ce dur métal ces bas-reliefs si compliqués, Froment-Meurice peut seul le dire, car ils semblent pétris avec la facilité de la terre ou de la cire...

Un Ostensoir , dont le modèle fut répété en grand pour l’église de la Madeleine, avait été exécuté à l’origine pour la reine Amélie, qui l’offrit au pape; il fut, depuis, donné par le pape à la cathédrale de Cologne qui le conserve dans son trésor. Il est très caractéristique de la manière de Froment-Meurice, et si nous avions pu nous appuyer de documents suffisamment précis, nous l'aurions fait reproduire en chromolithographie. Les émaux lui donnent un éclat délicat et cossu.

11 offre une appropriation toute française de certaines monstrances italiennes du XIVe et du XVe siècle. L’architecture générale en est

dorée, et les figurines sont en argent l. « M. Liénard m’en a fait le dessin, écrivait l’orfèvre2, et m’avait fourni les profils en plâtre. En employant le procédé de la fonte, c’eût été une grande économie de temps et de travail ; mais cet ostensoir eût pesé le double : c’est pourquoi j’ai pris le parti de l’exécuter tout entier par les procédés de fabrication d’atelier, c’est-à-dire que les colonnettes en ont été étirées sur un tube à la filière, dans des billes faites exprès. Le pied, les nœuds, les moulures, les vides, tout est de retreinte, d’ajustage et fait au morceau3. Il n’y a de fondu que les chapiteaux, les clochetons, les consoles et les figures. L’émail aussi m’a entraîné loin par la difficulté de maintenir dans le feu d’aussi grandes pièces à angles droits; j’ai dû faire construire un moufle tout exprès pour émailler le morceau principal, la cage du centre, qui se démonte en deux parties, les colonnettes restant adhérentes à la pièce principale de la base. » Et Froment- Meurice ajoutait ces mots qui peignent bien la vivacité de sa recherche sur tous les terrains : « Pour les émaux et les pierreries, c’est au livre de M. Chevreul ( Théorie des couleurs) que j’ai eu recours. »

Disons ici que l’ostensoir de la Madeleine (1849) subit d’importantes et heureuses modifications. Il est plus fourmillant, et le tabernacle qui le protège est d’une élégance des plus décoratives. Aux deux colonnes d’avant s’adossent des anges aux ailes dressées, l’un balançant l’encensoir, l’autre pinçant les cordes de la harpe; une sorte de grille pend comme une étoffe d’or découpée à jour; sur le cintre s’en-

1. On en rencontre un bois, dessiné parRambert, dans le tome III et à la page 200 du journal l’Illustration. — Dans ce même volume, page 324, il y a un dessin du Bouclier de courses, par Janet-Lange, mais tout à fait sommaire et sans effet.

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