‹ F.-D. Froment-Meurice, argentier de la villeChapitre 8 sur 20 · Il en a été publié une image dans les Artisans illustres · texte numérisé non relu

Il en a été publié une image dans les Artisans illustres

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une des formes de la manufacture de Sèvres, que l’on nomme, je crois, cc forme Duplessis », du nom de son modeleur. C’est du Louis XVI élégant. On y avait ajouté, en guise d'anses décoratives, deux anges debout : l’un tenant l’épée guerrière, l’autre réchauffant des enfants sur son sein. Les figures sont fondues en plein, et, pour alléger, les ailes sont en repoussé et ajustées;1 sur le col, les armes des Feuchères ; sur la panse est inscrit un médaillon en malachite, le profil du général, sculpté par Pradier.

Cet intéressant objet d’art est actuellement la propriété de la seconde femme du général. 11 est offert par elle, après sa mort, aux musées nationaux du Louvre.

La période que nous allons parcourir n’est pas moins intéressante.

Le chiffre seul des ouvriers orfèvres, bijoutiers, ciseleurs, graveurs et polisseurs, occupés dans les trois ateliers installés à l’intérieur, et des ciseleurs-graveurs travaillant en chambre exclusivement pour la maison, atteignait presque quatre-vingts. Il ne comprenait pas les fondeurs (on a vu que l’un de ces fondeurs était Richard), les estampeurs, les émailleurs (Sollier, entre autres), les lapidaires occupés au dehors. On voit que de têtes et que de mains avait monopolisées et mises en action continue ce fabricant qui n’occupait que seize personnes cinq ans auparavant! Les chiffres allaient s’élever à cent vingt ouvriers ou artistes, et à onze cent mille francs d’affaires 2.

1. Ces anses sont montées à froid avec un écrou de tirage dans le pied ; cet écrou est monté de façon à faire levier, de telle sorte que les ailes s’ajustent serrées contre la monture.

2. La joaillerie, la bijouterie de haut luxe ont subi, comme nous l’indiquons, une transformation. En tant qu’industries d’exportation, elles tiennent un rang de plus en plus considérable. Elles portent sur tous les points du globe les preuves manifestes de l’imagination, de l’ingéniosité du goût français.

Le rapport rédigé par M. Martial-Bernard, à la suite de l’Exposition universelle de 1878,

Mlif

Nous ne nous arrêterons plus aux broches, aux cachets, aux miroirs et menus ouvrages de bijouterie. Les fluctuations de la mode étaient moins rapides qu’aujourd’hui. Les changements de style ne se succédaient point avec une fureur inexcusable. Il nous reste à constater, avec regret, que cette mobilité a détruit tout sentiment de critique et toute originalité nationale. On s’habille, on se coiffe, on se chausse et se pare bien moins selon sa condition de fortune, son âge, ses habitudes de corps, qu’on ne subit la tyrannie de la couturière, du tailleur, du bottier, du chapelier, du marchand de bijoux ligués pour imposer, à chaque trimestre, noir ce qui était clair, court ce qui était ample, carré ce qui était allongé. Le philosophe, bien déterminé à ne laisser modifier qu’à de longs intervalles les ailes de son chapeau ou l'ouverture de son gilet, assiste, non sans étonnement, à ce spectacle nouveau, mouvant, et de plus en plus coloré. Mais le critique, qui perdrait sa gravité à de tels aveux, doit regretter, dans cette danse de saint Guy des formes et des couleurs, la hâte qui est la négation du bien faire. Sans être un pédant, on peut s'inquiéter si le tapissier remplace le fabricant de beaux meubles, et si la monture plate se substitue à la composition dans le bijou de valeur et de grand goût.

nous apprend que nos ventes de bijoux d’or et de platine ont monté, de 1867 à 1878, à 284,000 francs; la bijouterie d’argent, de 843,000 à près de 3, 000, 000 de francs.

En 1872, — et ce chiffre a dû s’élever proportionnellement à la production, — cette industrie d’élite comprenait plus de 2,680 fabricants occupant i3,822 ouvriers artistes.

F.-D. FROMENT-MEURICE q5

L’Exposition de 1849 valut à M. Froment-Meurice une « nouvelle médaille d’or ».

M. Wolowski, rapporteur pour les classes « orfèvrerie, joaillerie, bijouterie », lui donna des éloges sans réserves. Il terminait par ce passage que nous transcrivons, pour les noms d’artistes dont il constate le mérite, et aussi parce que, plus loin, en 1 855, à propos de l’incident Planche, nous n’aurons qu’à y renvoyer.

Comme tous les hommes d’un vrai mérite, M. Froment-Meurice s’attache avec scrupule à faire ressortir les services rendus par les collaborateurs qu’il a su s'adjoindre, peintres, sculpteurs, ciseleurs, ouvriers habiles. Il a toujours eu soin, pour chacune des pièces remarquables de son exposition , d’indiquer ceux qui l’avaient secondé.

C’est ainsi que, sans parler des artistes dont nous avons déjà signalé les noms, M. Froment-Meurice a particulièrement insisté sur le mérite de ses deux contremaîtres, MM. Babeur et Wisset, ainsi que sur celui de MM. Frémonteil et Croville, tous deux ses anciens apprentis, qui n’ont pas quitté sa fabrique depuis vingt ans.

Les quatre ciseleurs qui ont exécuté les figures en repoussé du groupe de M. de Luynes, sont MM. Muleret, Alexandre Daubergue, Fannière et Poux; trois d’entre eux ont passé par l’atelier de M. J. Vechte et se montrent les dignes élèves d’un si grand maître. M. Fannière est le neveu et l’élève du regrettable Fauconnier. M. Sollier, émailleur, a fait preuve du plus grand talent. Enfin M. Froment-Meurice a payé un tribut de reconnaissance au dessinateur-sculpteur dont l’expérience et le goût ont contribué à placer son atelier à un rang si élevé, à M. Liénard , un des artistes qui ont le plus fait pour la splendeur de notre industrie *.

Avant de nous arrêter aux grandes pièces, citons au passage un cachet en fer, ciselé pour le comte de Maillé, un Saint Louis au siège de Saint- Jean-dè Acre , l’épée en main, qui se protège la tête de son écu; une pomme de cravache , ciselée dans For, émaillée, incrustée de rubis, terminée par un groupe représentant un chevalier perçant des

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