OS
(gulf stréam) qui dépose en abondance leurs coquilles sur les côtes des Antilles.
La découverte de Péron eut un retentissement considérable dans le monde savant (1). On lui doit l'interprétation zoologique des coquilles polythalmes, malgré les notables différences que les nautilidés et les ammonidés, à quatre branchies, présentent avec les spirules, céphalopodes dibranchiaux. Les nautiles vivants rencontrés en 1827 et 1833 et les beaux travaux de MM. Owen et Valenciennes ont également constaté, comme dans la spirule de Péron, la conformation singulière de mollusques logés dans la dernière chambre de la coquille. Il ne faut attacher qu’une importance secondaire à la saillie plus ou moins grande de ce flotteur aérien hors du manteau. Le nautile, bien moins seulement que l’animal de la spirule, enchasse la bouche de la dernière loge par les bords du manteau, ce qu’on reconnaît, sur les coquilles vides, aux ondes fauves beaucoup moins effacées sur les parties découvertes.
Une espèce de nautile encore très rare a été rapportée de Timor par Péron. C’est le nautile ombiliqué , connu seulement par sa coquille dont le dernier tour est moins enveloppant que chez le nautile commun, et qui présente un large ombilic.
Les céphalopodes, restreints de nos jours à peu d'espèces, sont les représentants d’une classe quiremplissait de ses groupes variés nos plus anciennes mers géologiques. Les gastéropodes, doués en général d’une locomotion beaucoup moindre, d’une organisation moins complexe, tiennent leur place dans la faune actuelle. Nous ne pouvons présenter, au sujet des continuelles découvertes de l’expédition aux terres australes, qu’un succinct catalogue.
Nous mentionnerons , dans les pulmonés hermaphrodites ,
(1) Magas. encycl., t. IV, 1805, aux nouvelles littéraires.
sans opercules et à quatre tentacules, parmi les terrestres ou limaciens , la succinea australis (genre ambrette, section des putridées | des îles Decrès, Saint-Pierre et Saint-François, du port du roi George. Au genre immense des hélices se rapportent l’helix torulus ( Nouvelle-Hollande) , les Lelix cidaris et zonaria de Timor, dernière et belle espèce retrouvée aux Moluques par Quoy et Gaimard; l’helix prunum du canal d’Entrecasteaux ; l’helix sutilosa, des îles Saint-Pierre et Saint-François et de la Nouvelle-Follande ; dans les anciens bulimes, tes Lelix, læva | Timor), costulata échantillon anique du port du roi George, Dufresnii, de la terre de Diemen. À ces espèces, presque toutes inédites, nous joindrons, dans les anciens pupa, coquilles allongées , à bouche rétrécie et dentée, les helix undulata , de l'Ile-de-France, et cylindrica, des îles Saint-Pierre et Saint-François.
Dans les pulmonés aquatiques ou lymnéens, à deux tentacules, se trouvent, parmi les lymnées à coquille dextre, les lymnea bulimoïdes et Lessonit, de la Nouvelle-Hollande, rapportées par Péron et Lesueur, bien avant Lesson, et la physa casianea , Sénestre, du même pays, retrouvée plus tard à Tonga-Tabou et à Amboine.
Une curieuse espèce fut découverte sur les rochers de l'Ilede-France, rampant à la façon des limaces, mais sous l’eau et non dans l'air. L'animal contracté après la mort, avait plus d’un décimètre de longueur. Cuvier le rangea , sous le rom d’onchidium Peront, dans un genre créé par Buchannan pour un mollusque trouvé sur les roseaux du Gange. [G. Cuvier, Ann. du Mus., Mémoire, etc., t. V p. 37.) Les onchidies, dépourvus de coquille, sont aux lymnées ce que les limaces sont aux hélices, par un véritable parallélisme. La grande espèce de Péron renferme plus d’un centimètre cube d’air dans ses poumons et servirait de sujet excellent pour l'étude de la
respiration chez ies mollusques, comme le remarque M. Valenciennes. Un autre individu très semblable, mais plus petit, fut trouvé à Timor. Il appartient peut-être aux espèces décrites depuis par Quoy et Gaimard. Blainville considéra le mollasque de Péron tout autrement que Cuvier. Il le sépara du mollusque de Buchannan pour le ranger à côté des doris dans les gastéropodes nudibranches, sous le nom de genre péronie, regardant la cavité , prise pour un poumon aérien, comme une cavité branchiale recevant l’eau aérée. Les branchies sont en réseaux adhérents aux parois, au lieu d’être en couronne de panaches, flottantes et librement immergées, comme chez les doris auxquelles les onchidies ressemblent beaucoup par l'aspect général. D’après l'existence de la poche précitée, Cuvier persista à considérer l’onchidie comme un pulmoné, bien que Péron lui eût affirmé l’avoir toujours trouvé sous l’eau , mais ne conserva dans ce genre que les espèces marines , en reportant aux limaciens, sous le nom de vaginule, le mollusque indien , sans coquille même interne.
Le cyclosioma læve , de Timor, appartient aux cyclostomiens, dioïques et operculés, ainsi que l’ampullacera fragilis, de Port-Jackson , rapportée bien plus tard par Quoy et Gaimard, créateurs de ce genre curieux. Lamarck les confondait avec les ampullaires, mollusques aquatiques, tandis qu’il faut voir dans les ampullacères des pulmonés marins qui sont aux cyclostomes ce que les auricules sont aux lymnées.
Les ordres des gastéropodes contenant les plus nombreux genres sont branchiaux. Les inférobranches ont les branchies en lames libres, attachées sous le bord du manteau. Cet ordre en réunit plusieurs fondés par Cuvier d’après des caractères tirés des sexes et reconnus depuis inexacts. Il ne fautattacher, chez les mollusques, que très peu d'importance aux sexes réunis Ou séparés.
Parmi les clioniens, Péron découvrit dans l'Atlantique le pnoumoderme qui lui fut dédié. Ge, mollusque nu, à corps cylindroïde , voisin du clio des mers boréales , comme lui rangé par Cuvier dans la classe des ptéropodes, en est séparé maintenant par M. Valenciennes, à cause de la position externe des branchies. Deux expansions latérales, aliformes, sont les organes d’une locomotion rapide, par des mouvements analogues à ceux des ailes des papillons. Cuvier -considère les branchies comme rejetées à l’extrémité postérieure du corps, selon deux lignes saillantes adossées en double chevron. MM. Quoy et Gaimard découvrirent à Amboine deux autres espèces de preumodermes , et d'après eux, les organes pris par Cuvier pour des branchies sont des ovaires. Les branchies seraient dans un petit sac membraneux. Les espèces qu’ils ont observées ne doivent peut-être pas rester dans le même genre que lepneumoderme de Péron. Peut-être encore ce mollusque offrirait un double appareil respiratoire comme M. Souleyet l’admet pour l’élysie ou actéon. Péron donne à l’espèce type du genre pneumoderme l’épithète de capuchonne.
Cuvier avait créé le genre pAyllidie pour un mollusque de la mer des Indes, ayant des branchies externes autour du pied [inférobr. phyllidiens) (1). Outre plusieurs individus de la phyllidia trilineata, type de ce genre peu nombreux en espèces, Péron rapporta deux espèces nouvelles, venant aussi de la mer des Indes , les phyllidia pustulosa et ocellata , variables par la forme et le nombre des verrues du manteau.
Un genre des plus remarquables abondant dans les mers australes et déjà représenté aux plus anciens âges du globe (chüon antiquissimus, terrain silurien de Tournay, M. Puzos), est celui des oscabrions ou mollusques articulés de Blainville.
- (1) G. Cuvier. Ann. du Mus.,t. V, p. 266.
La coquille est formée de huit pièces calcaires bien développées en série et au-dessus du manteau. Les ganglions nerveux sériés, mais supérieurs au tube digestif, les branchies en feuillets longitudinaux, les tentacules, un estomac corné pareil à celui des aplysiens , rangent ces animaux dans les mollusques. Les chiton aculeatus, de l'île King, à huit valves couvertes de tubercules épineux , et chiton costatus, du port du roi George, furent découverts par Péron. Dans les oscabrelles, à pièces calcaires de la coquille très petites, nous citerons les chitonellus lævis et striatus, des mers de la Nouvelle-Hollande.
Dans les patelles, remarquables par la grandeur du pied collé fortement au rocher, se trouvent la patelle géante, de l’île Bernier et de la terre d’Endracht, et la patelle de Péron, du port du roi George, et peut-être d’autres encore ; maïs la très riche collection qu’en offre le Muséum n’est pas encore étiquetée. De grandes confusions régnaient au sujet des doris, appartenant aux nudibranches, à branchies en houppes autour de l'anus. Péron rapporta de la mer des Indes les six. plus belles espèces de ce genre, dont trois étaient en même temps les plus grandes qu’on eût encore rencontrées, et fournirent les sujets des anatomies de Cuvier {4)..Ce sont les doris solea (He-de-France) , scabra [Timor), maculosa [terre d'Endracht), appartenant aux doris planes de Cuvier, à forme oblongue et aplatie ; et dans les doris prismatiques , à corps renflé, les doris atro-marginata et pustulosa, de Timor, et la doris lacera , grande espèce du même pays: Péron croit se rappeler l'avoir vue émettre une liqueur colorée. |
D’autres nudibranches déjà décrits , ont été mieux connus et surtout mieux précisés quant aux limites de leur habitation. Ainsi, dans les tritoniens, les scyllées , mollusques de haute
(1) G. Cuvier. Ann. du Mus., t. IV, p: AU7.