‹ F.-X. Garneau et Francis ParkmanChapitre 4 sur 14 · HR F.-X. GARNEAU · texte numérisé non relu

HR F.-X. GARNEAU

time et l'affection de son nouveau patron.

.: M. Campbell lui prêtait des livres, que le jeune clerc lisait avec ardeur, sans négliger l’étude du notariat.

Depuis longtemps il désirait vivement faire des études classiques, et aurait bien voulu entrer au petit séminaire.

Un jour, cédant à ses pressantes sollicitations, sa mêre se rendit auprès du supérieur.

«— Prenez mon fils, je vous en prie, lui ditelle. Il est vrai que je suis trop pauvre pour

. payer les frais de son éducation ; mais mon fils

est un jeune homme laborieux. Après ses étu-

des faïtes, il gagnera de l’argent, et il promet de vous payer alors ».

Le supérieur eut le regret de ne pouvoir acquiescer à sa demande. M. Garneau fut vivement peiné de cet échec.

À peu de temps de là, Mgr Signaï, alors curé de Québec, le rencontra et lui dit :

«— Si tu te sens de la vocation pour l’état ecclésiastique, je te ferai faire tes études.

— Impossible, répondit le jeune homme avec cette droiture et cette franchise qui caractérisèrent toute sa vie : je ne me sens pas appelé a sacerdoce ».

L’extrême rareté des prêtres engageait le clergé d’alors à faire des sacrifices de toutes sortes pour recruter des sujets parmi la jeune génération. pr

M. Garneau se remit à l’étude avec plus d’ar-

deur que jamais. Il dévorait les livres. Or, à 2 404 B

cette époque, les livres français étaient très rares, le Canada se trouvant sans relations avec la France. N'ayant pas toujours les moyens d’acheter les ouvrages qu’il lui fallait, il les copiait de sa main : c’est ainsi qu'il transcrivit tout son cours de belles-lettres et de rhétorique, et Boileau en entier. Outre ces travaux, il s’appliquait à l’étude de l’anglais, du latin et même de l'italien. Il étudia seul les classiques latins, et plus particulièrement, dit-on, Horace, dont il admirait le bon sens et le génie poétique si facile.

Son père demeurait alors dans une maison située au côté nord de la rue Saint-Jean, non loin de l’église actuelle du faubourg. Les citoyens des environs ont gardé le souvenir des habitudes studieuses du jeune Garneau. Toutes les nuits, disent-ils, on voyait une petite lumière briller à une fenêtre de sa mansarde : c’était la lampe de l'étudiant.

IT

Page 1