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lui est apparue. Ce sentiment, qui s'exaltait à mesure qu'il écrivait, a empreint son style d'une beauté mâle, d’une ardeur de conviction, d'une chaleur et d’une vivacité d'expression, qui entraînent et passionnent,—surtout le lecteur canadien. On sent partout que le frisson du patrictisme a passé sur ces
pages.
L'avenir sanctionnera le titre d'Historien National que les contemporains de M. Garneau lui ont décerné. (Car, outre ses qualités éminentes, c’est lui qui, le premier, a pénétré dans le chaos de nos archives et penché le flambeau de la science sur ces ténèbres. D’autres parmi ses émules, profitant de ses travaux et marchant à sa suite dans les sentiers qu'il a frayés, pourront lui disputer la palme de lérudition, mais nul ne lui ravira cette gloire. Avant lui, on nesconnais-
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sait, à part quelques fragments plus ou moins complets, que l’histoire du Canada du P. de Charlevoix, qui s'arrête à 1740, près d'un quart de siècle avant la conquête.
Depuis lors, on peut dire que tout était à créer. Les seuls ouvrages qui eussent quelque autorité, avaient été écrits dans un esprit hostile, et dans le but d’avilir le caractère canadien.
C’est M. Garneau, le premier,
ui, à force de patriotisme, de AAA de travail, de patientes recherches, de veilles qui ont usé ses jours, fané sa vie dans sa fleur, est parvenu à venger l’honneur de nos ancêtres outragé, à relever nos fronts courbés par les désastres de la conquête, en un mot, à nous révéle- à nous-mêmes.
Qui donc mieux que lui mériterait le titre glorieux que la voix
unanime des Canadiens, ses contemporains, lui a décerné ? Nous avons donc droit de l’espérer, l’avenir s'unira au présent pour le saluer-du nom d'HISTORIEN Na- TIONAL.
Les restes de M. Garneau reposent dans le cimetière de Notre- Dame de Belmont, à l'ombre de cette même forêt qui vit, il y a un siècle, passer l’armée de Lévis, à deux pas du champ de bataille de
Sainte-Foye qe a arraché de l’ou-
bli, en face du monument élevé aux braves tombés sous la mitraille.
C’est bien là qu’il devait reposer; car lui aussi a combattu pour la patrie. Avec sa plume, il a continué de tracer le sillon de gloire que ces héros avaient ouvert avec la pointe de leur épée; et comme eux, il est tombé après avoir, sui-
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vant la belle expression d’'Augustin Thierry, ‘“ donné à son pays tout ce que lui donne le soldat mutilé sur le champ de bataille.”
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