‹ Fa Dièze (volume 2)Chapitre 7 sur 19 · XXVII · texte numérisé non relu

XXVII

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Conrad donna une montre à la danseuse.

La danseuse la donna à sa femme de chambre.

La femme de chambre la donna à Athanase •

Athanase la garda.

Le baron la reconnut. — D’où as-tu ce bijou? dit-il.

— Ne m’en parlez pas , monsieur , dit Athanase , je voudrais le voir au fond de la mer.

— Vous êtes bien difficile , maître, dit le baron, il ma pourtant coûté i5o bons florins.

— Et moi, dit Athanase , vous ne savez pas ce qu’il me coûtera plus tard.

— Non, dit le baron, mais je ne serais pas fâché de le savoir.

— Et moi, je ne serais pas fâché de le dire à votre excellence; on allège ses chagrins en les contant, et en parlant souvent de l’objet de sa crainte on finit par avoir moins peur.

— Parle.

— La femme de chambre de mademoiselle.. . se trouve être précisément cette Blanche, dont j’ai dit à votre excellence que j’étais persécuté ; quand elle m’a reconnu elle m’a baisé les mains et les genoux, j’ai été

faible, j’ai rendu quelques caresses et accepté cette malheureuse montre, pour compter les heures pendant son absence.

— Elle est absente? dit le baron.

— Elle est allée chercher les papiers nécessaires pour notre mariage.

— Eh bien? aiïTim'l utîinn -inrj .dsvsfc on i — Ebbien! comme je l’ai déjà dit à vc^re excellence, je ne l’aime pas et je fais un ma-

riage de convenance . Kpn.

— Diablç ! mais vous tranchez du grand seigneur, vous êtes assez fat et assez impertinent.

: luofuortpüiJ'iu

U faut remarquer ici que le baron tom-

bait dans un lieu commun ; il est plus qu as-

sez usé et rebattu de se plaindre de 1 impertinence et de la fatuité des grands seigneurs.

D’abord parce 'qu’il n’y a plus de grands seigneurs .

Ensuite , parce que leur impertinence , quand ils en ont , est modérée ou déguisée par les manières et l’éducation, et qu’elle est

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moins intolérable cent fois que celle d’un

commis en nouveautés ou celle d’un maçon.

Je ne sais , dit Athanase, mais je ne suis guère content. • j ..... j . a ! ....

— Je crois , maître Athanâse , dit Krumpholtz, que vous abusez de ma crédulité, je ne savais pas que la femme de chambieque n’^i jamais regardée fût votre Blanche ; mais vous passiez fort assidûment vos soirées auprès d’elle ; qu’^ faisiez vous? > ■ i> • .-i.i t

— Nous causions, nous chantions.

Ce mot réveilla la manie de Krumplioltz

qui demanda brusquement:

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? — t^ue chantiez vous ?

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— loutes sortes d airs.

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— Encore ?

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*** Des airs à deux voix ou à une seule, des airs d’opéras ou d’autres.

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— Chante-moi un de ceux. qu'elle chantait. ’bi rf i Jrvj t i«o ny g(i i,

— Votre excellence’ m excusera ; mais il

FÀ D1ÈZE. l5 « )

me serait impossible de m’eu rappeler une note. . ’ •*'

Essaie. ■ ■ « ’ J •<*» ,jl ; *> ,«•*'<*• -

— Ce serait inutile.

— Je le veuv.

'“Lié» baron dit ©es nlots duiiton si voisin de

la colère qn’Atbanase, au hasard, commença le pfèmieï' ai* qüi4itf * ttat dans la tête-.

im ij*> 'ii;: î y) hi Imuyt *< . • ‘ *

Au Rhin , au Rhin , c’est là que sont nos vignes;

Qu’il soit béni le Rhin , qu’il soit béni le Rhin !

t . Ïji/Iiü tio:; -j ij * ’ —

— Apres, dit Conrad qui avait écouté sans

respirer.

— Après, dit Athanase qui n’était pas en

tram de chanter, je n en sais pas davantage.

— Tu mens ! dit Conrad.

Qu’Athanase mentît ou non, il valait mieux pour lui persévérer dans un mensonge qu’on ne pouvait prouver, et qui d’ailleurs n avait aucune importance, que d’avouer qu’il avait menti , sans autre cause que sa mauvaise humeur.

FA DlÈZE.

Quqi qu’il; en fût ,il affirma qu’il n’eu savait pas plus.

— Mais , dit le baron , ta maîtresse le

sait. i-

— Je le crois.

j -r- Tu dois en être sur puisqu’elle le chan-

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— Je ne puis assurer à votre excellence, qu’elle chantait cet air ou un autre.

— Où est-elle? • ' ^ ‘ ; * (1 •••‘ r •

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— Dans son pays.

— - Où est son pays ?

— Je ne sais.

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