MÔ
FA DIEKE.
m’a données autrefois , fut-elle toujours la même ; il y a en moi comme un sens qui est mort.
Néanmoins, comme il ne voulait pas devenir fou , il ne manquait pas un jour d’Opéra , pour essayer de se mettre d’autre musique dans la tête ; mais chaque air nouveau ne le frappait que par une ressemblance ou une dissemblance avec celui qu’il voulait oublier; et ne servait qu’à le lui rappeler plus vivement.
— Un jour, il dit à Athanase, je m’ennuie, j’ai envie de retourner à Ober-Wesel.
Athanase voyait arriver avec effroi l’époque du retour de sa maîtresse , et il saisit avec empressement cette idée.
— Votre excellence ne sauraitmieux faire, dit-il; voici l’hiver bientôt passé , ajoutat-il avecemphase, — votre excellence assisterait au réveil de la nature , aux premiers gazouillement des oiseaux.
— Je partirais sans aucun doute , si ta maîtresse était revenue.
— Eh! que diable veut-il faire de ma maîtresse , se demanda Athanase , s’il voulait me la prendre , jamais il n’aurait été si bien inspiré ; je lui ai vu de si fortes manies que je le crois capable de tout.
Mais , Conrad ajouta :
— A cause de cet air.
Prrrr..., dit Athanase, je gage quelle ne le sait pas plus que moi.
— Comment cela? dit le baron.
— C’est que , l’autre jour, j’étais si troublé de votre insistance pour me faire chanter un air , que je crains bien d’avoir pris celui-là au hasard , et de ne le savoir que pour l’avoir entendu fredonner à votre excellence.
— Allons à Ober-Wesel, dit le baron, d’un ton de résignation.
— Allons à Ober-Wesel, dit Athanase , d’un ton de triomphe.
Ife - ; ♦< •