‹ FabiolaChapitre 30 sur 113 · CHARITE · texte numérisé non relu

CHARITE

c/tnMW, laquelle avait été convertie en église, plus la partie supérieure Je la maison, où l'on n'avait accès que par l'église, tout avait été conjacré à radministration de celte charité abondante que l'Eglise pratiquait eomme la grande affaire de sa vie. Cette administration était confiée ï la discrétion du diacre Reparatus et de son exorciste Secundus, tous ieux officiellement désignés par le Souverain Pontife pour prendre soin des malades, des pauvres et des étrangers, dans l'une des sept régions dans lesquelles le pape Cajus, cinq ans auparavant, avait, à cet effet, divisé la ville de Rome, plaçant chacune de ces régions sous la surveillance de l'un des sept diacres de la sainte Eglise romaine.

Des logements particuliers avaient été disposés pour recevoir les étrangers qui venaient de loin, et qui étaient recommandés par leurs églises ; une table frugale était à leur disposition. A l'étage supérieur se trouvaient des salles servant d'hôpital pour les malades, les vieillards et les infirmes: ce service était dirigé par les diaconesses et par ceux des fidèles qui aimaient à les aider dans celte œuvre de charité. C'était en ce lieu que Cœcilia, la jeune aveugle, avait sa modeste cellule, bien qu'elle ne prît pas sa nourriture dans la maison, ainsi que nous l'avons vu. Le tablinum ou cabinet des archives, qui d'ordinaire était isolé des autres appartements et silué au milieu du corridor, qui reliait entre elles les cours intérieures, servait de bureau d'afi"aires pour les transactions et la corresjiondance de cet établissement charitable; on y conservait tous les documents locaux, tels que les actes des martyrs que recueillait et coordonnait l'un des sept notaires institués à cet effet par saint Clément I«r, pour les régions de Rome.

Une porte de communication permettait à la famille de prendre part k ces œuvres de charité, et 4gnès avait été accoutumée, dès son enfance, h y passer plusieurs heures chaque jour. Sa vue, comme celle d'un auge de lumière, répandait la joie et la consolation parmi les malades et les afiûigés. Cette maison pouvait donc, à juste titre, être appelé l'aumônerie de la région, ou du district de charité et d'hospitalité dans lequel elle était siluée : on y pénétrait, à cet effet, par le posticum, ou porte de service qui s'ouvrait sur une ruelle étroite et peu fréquentée. On comprend maintenant qu'avec un établissement pareil la fortune des sept maîtres du logis trouvât une ap[)licatiou facile.

Nous avons entendu Pancrace prier Sébastien de se charger de la distribution de sa vaisselle et de ses bijoux aux pauvres, sans faire connaître la source de ce bienfait. L'olficier n'avait pas perdu de vue cette commission, et il avait désigné la maison d'Agnès comme la plup convenable pour l'exécution de ce projet. Or c'était précisément dans cette matinée que la distribution devait avoir lieu ; les autres régions de la ville avaient envoyé les pauvres que leurs diacres avaient accompagnés. Sébastien, Pancrace, et d'aut'es d'un rang encore plus élevé, étaient venus assister au partcge. C'étaient ceux-là que Corvinus avait vus entrer par la porte principale.

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