FAB. IJ
146 l'ordination de décemîprb.
Fulvius et Corvinus un certain jour se donner rendez-vous. Novatus «»t Timotliée étaient les frères des saintes vierges Praxède et Pudentiana; et c'est par cette raison que les Lains s'appelèrent successivement Novatiens et Timothéens, en passant d'un frère à l'autre.
Donc saint Justin demeurait en cet endroit, et, comme il n'en connaissait pas d'autre à Home, c'est là aussi qu'il célébrait les offices du culte divin. Les règles seules de l'hospitalité l'auraienl décidé ainsi. Dans son apologie, saint Justin, décrivant la liturgie chrétienne, naturellement telle qu'il l'avait vue, parle du prêtre oEBciant dans des termes qui prouvent suffisamment qu'il fait allusion à l'évéque ou pasteur suprême de l'endroit. En effet, non-seulement il lui donne le titre conféré dans l'antiquité aux évêques^, mais encore il le représente comme celui qui prend soin des orphelins et des veuves, comme celui qui secourt les malades, les indigents, les prisonniers et les étrangers recommandés en qualité d'hôtes; comme la personne, en un mot, « qui a la charge de soulager tous ceux qui sont dans le besoin. » Or, cette personne ne pouvait être autre que l'évéque, c'est-à-dire le pape lui-même.
Nous devons faire observer, en outre, que l'histoire nous apprend que le pape saint Pie a érigé des fonts baptismaux permanents, dans cette église, ce qui est une autre prérogative de la cathédrale, prérogative qui a été transférée avec l'autel papal à la basilique de Lateran. On rapporte, en outre, que le saint pape Etienne (257 après Jésus-Christ) a baptisé le tribun Nemesius et sa famille, avec un grand nombre d'autres encore, dans le titre de Pastor* ; et ce fut là que le saint diacre Laurent distribua aux pauvres les riches vases de l'église.
Par la suite, ce nom a fait place à un autre, mais le lieu est resté le même, et il ne peut exister de doute que l'église de Saiute-Pudentiana n'ait été, pendant les trois premiers siècles, l'humble cathédrale de Rome.
Ce fut donc vers ce lieu que Torquatus, bien à contre-cœur, consentit à conduire Fulvius, pour le faire assister à l'ordination de décembre.
Nous trouvons, soit dans les inscriptions sépulcrales, soit dans les martyrologes, soit dans l'histoire ecclésiastique, d'abondantes traces de tous les ordres sacrés, tels qu'ils sont encore conférés aujourd'hui dans l'Eglise catholique. Les inscriptions rapportent plus communément peutêtre les noms de lecteur ou d'exorciste. Nous donnerons de chacun d'eux an exemple capable d intéresser.
tlNAWIVS OPAS LECTOR. TITVLI FASCIOLE AMICVS PAVPERVM QVI VIXIT ANN. XLVI. MENS. VII. D. Vlll. DEPOSIT IN PACE X. KAL. MART.
« Cinamius Opas, lecteur An titre de Pasciola (aujourd'hui SS. Npreus et Achilleus), J'ami du pauvre, qui vécut quarante six a i s, sept moia et huit jours. Enterré en paix, le dixième jour avant les kalendes de mars 3. <•
(1) 0 XpSCrCOÇ^ prœponitus. (Heb. xiii, 1*.) 0 TWV TufZaiCCV TpOf-arOÇ^ EiKTOi; (Victor, évêque des Romains, Eusèbe H. B., L. v. 24). C'est absolument la même expresslos que celle qu'emploie saint Justin.
(2) Le savant Blanchini conjecture d'une manière plausible que la station du dimanche de Pâques n'est pas i la cathédrale de Lateran, ni à Saint Pierre, où le pape officie. Quoique Toil puisse naturellement supposer qu'il devait être à l'une des deux, la station est à la basiliqu( Libérienne, par la raison qu'on s'en servait d'ordinaire pour l'administration d«i baptéipat 4* '•''^liie Saints-Pudentlana, qui «'an ett qu'à la distance d'un jet ie pierr«.
(%) 9u «îmetiAra de Sai)st- PaitL
lWdtnation de décembre. 147
Voîlà pour un lecteur. Voici maintenant pour un exorciste :
MACED0NIV5 Macédonius,
EXORCISTA DE KATOLICA. «xorcifitedel'Eglisecatholiquei..
/il y avait cppendant cette différence des temps d'alors aux temps d'aujourd'hui qu'on ordre n'était pas nécessairement un passage, une transition vers un autre; mais il y avait des gens qui restaient souvent pendant toute leur vie dans un des ordres inférieurs. C'est pourquoi on n'administrait pas ces derniers aussi fréquemment, et probablement même ne les administrait-on pas en public avec les ordres supérieurs.
Torquatus, ayant reçu le mot de passe nécessaire, entra dans l'église et fit entrer avec lui Fulvius, qui ne tarda pas à montrer son adresse en imitant ceux qui l'entouraient. L'assemblée n'était pas nombreuse. Elle était réunie dans une des salles de la maison, convertie en église ou en oratoire. On n'y voyait guère que les membres du clergé et les candidats à l'ordination. Parmi ces derniers étaient Marcus et Marcellianus, les deux frères jumeaux, qui avaient été convertis en même temps que Torquatus. Ils reçurent le diaconat, et leur père, Tranquillinus, fut ordonné prêtre. Fulvius eut soin de bien graver d^ns sa mémoire les traits et la tournure de ces derniers; il eut soin surtout de prendre note des physionomies des membres les plus éminents du clergé de Rome, qui se trouvaient réunis pour la cérémonie; mais il fixa particulièrement sur l'un d'eux son œil perçant, et s'attacha à étudier les moindres gestes, le regard, la voix et les traits de ce personnage.
C'était le pontife qui administrait le sacrement auguste. Il y avait six années déjà que Marcellinus gouvernait l'Eglise, et il était d'un âge vénérable. Son visage, bienveillant et doux, ne paraissait guère indiquer cette vigueur surhumame qu'exige le martyre, et dont il fit preuve lorsqu'il mourut pour le Christ. Dans ce temps-là, on évitait soigneusement toute marque extérieure qui eût été capable de trahir le chef du troupeau chrétien aux loups dévorants du paganisme. Les pontifes portaient l'habit des hommes de haut rang de l'époque. Mais il est indubitable que, lorsqu'ils officiaient à l'autel, ils portaient par-dessus leurs vêtements ordinaires une robe distinctive, type primiff de l'ample chasuble d'une blancheur que rien ne ternit. A cette robe l'évêque ajoutait la couronne, ou infula, qui a été l'origine de la mitre ; et il tenait à la main la crosse, emblème de son olRce et de son autorité pastorale.
Marcellinus se tenait debout, faisant face à l'assemblée, devant l'autel pacré de Pierre, qui le séparait de l'assistance*. L'espion d'Asie attacha sur lui son regard scrutateur. Il l'examina avec attention, mesura du regard êa taille et ses proportions, nota la couleur de ses cheveux et de son teint, observa le moindre mouvement de sa tête, sa démarche, son geste, le son de sa voix, jusqu'à sa respiration même, tant qu'à la fin, il put se dire :
— Si je le rencontre jamais hors d'ici, quel que soit son déguisement, cet homme ne m'échappera point, et je sais ce qu'une pareille capture me rapportera.
(l)Du cimetière des SS. Thraso et Saturninus, enr la Toie Salarienne. (8) Dan» lei grande» et aDtique» baiiliques romainei, l'OfiSciaot a la face touroAe ten toi fidèles.
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