‹ FabiolaChapitre 81 sur 113 · LA ?Î<T · texte numérisé non relu

LA ?Î<T

présenter à l'esprit de ces pauvres captifs opprimés, one de leur dire qu'ils travaillaient moins à construire des bains pour les luxurieux délassements d'une cité païenne, ou pour les prodigalités ruineuses d'un empereur pervers, qu'à ériger en réalité une des églises les plus magnifiquRs ûù le vrai Dieu dût être adoré et dans laquelle serait, un jour, honorée la Vierge Mère qui avait porté le Verbe mcarné dans son chaste sein I

Corvinus aperçut de loin le groupe, et, s'arrêlant, il demanda au surintendant les noms de tous les condamnés qui le composaient. Rabirius les lui énuméra rapidement, et ajouta: — Vous pouvez fort bien prendre ce vieillard, si vous en avez la moindre envie, car, en vérité, il ne mérite pas le pain qu'il mange, en ce qui concerne le travail.

— Grand merci, répliqua Corvinus ; la jolie figure vraiment qu'il ferait dans l'amphithéâtre I Le peuple n'a que faire de pareilles décrépitudes, qu'un simple coup de griffe d'ours ou de tigre font passer de vie à trépas. Le peuple aime à voir couler du sang jeune ; il aime à voir la vie abondante et vigoureuse luttant contre les Cots du sang et les blessures béantes, jusqu'à ce que la mort vienne mettre fin à la lutte. Mais en voilà un là-bas que vous n^ m'avez pas nommé ; celui qui nous tourne le dos : il ne porte pas le costume des prisonniers, et n'a ni fers ni entraves. Qui donc cela peut-il être ?

— Je ne sais pas son nom, répondit Rabirius ; mais c'est un bea jeune homme qui passe une grande partie de son temps avec les prisoL niers ; il vient les encourager, les consoler, et même parfois il les assista dans leur travail. Comme vous pensez bien, nous le faisons payer largement pour lui permettre de faire to^it cela; du reste, nous ne croyon; pas avoir le droit de lui faire des questions.

— Mais c'est mon droit, à moi, dit vivement Corvinus. j Et il s'avança pour exécuter son dessein. I Le son de sa voix frappa l'oreille de l'étranger; il se retourna. | Corvinus bondit vers lui avec le regard et le gest-î d'une bête fauve, eÊ

le saisissant par le bras, il s'écria dans les transports d'une joie féroce : - Qu'on le charge de fers à l'instant I cette fois du moins, Pancrace, tu n m'échapperas pas !

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