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LK3 TRAVAUX PUBLICS

— Ils se nomment Largus et Smaradas ; ce sont deux jeunes gens de très-bonne famille, quoiqu'ils travaillent comme des plébéiens, et je suis bien sûr qu'ils vous suivront sans la moindre répugnance, quand vous voudrez les livrer aux bêtes.

— Eh bien, il sera fait selon leurs désirs, dit Gorvinus avec une hideuse joie.

Et, en effet, les deux frères furent par la suite jetés aux arènes.

Les deux bourreaux continuèrent leur route à travers les travaux publics, et, chemin faisant, ils choisirent un certain nombre de captifs, A chaque demande nouvelle, Rabirius essayait de résister, mais inutilement, A la fin, ils arrivèrent près d'une de ces chambres qui s'ouvraient à l'est dt, l'embranchement principal de la salle ; ils y virent un certain nombre de forçats — nous employons le mot consacré par les lois romaines — qui prenaient quelque repos dans l'intervalle de leur travail. Au centre du groupe se tenait un vieillard de vénérable apparence, portant une longue barbe blanche qui lui descendait jusqu'au miheu de la poitrine. Sa physionomie avait une expression pleine de douceur, sa parole était bienveillante, affectueuse, sou geste animé encore malgré sa faiblesse. C'était le confesseur Saturnius, qui était arrivé à sa quatre- vingtième I année, et qui, pourtant, était chargé de deux lourdes chaînes. A ses côtés, se tenaient deux travailleurs plus jeunes, Cyriacus et Sisinnius, lesquels, à ce que rapporte la tradition, s'étaient entendus pour porter les fers du vieillard, tout en s'acquittaut de leurs rudes travaux. Et, en effet, nous Usons que leur principal plaisir était, leur tâche achevée, de venir en aide à leurs frères plus faibles, en travaillant à leur place i. Toutefois leur temps n'était pas encore venu, et tous deux, avant de recevoir la couronne du martyre, devaient être nommés diacres sous le prochain pontificat.

Plusieurs autres captifs étaient étendus sur le sol, aux pieds du vieillard qui, assis sur ua bloc de marbre, leur parlait avec une douce gravité, captivait leur attention et semblait leur faire oublier leurs souffrances. Que leur disait-il? Récompensait-il Cyriacus de sa sublime charité, en lui apprenant que, pour l'exalter, une partie de l'immense édifice qu'ils travaillaient à élever serait dédiée à Dieu, sous son invocation, deviendrait un titre, et terminerait eufin par un nom bien illustre, sans doute, la longue liste de ses titulaires 2. Ou bien leur commuuiqiiait-il une autre vision plus glorieuse encore, dans laquelle il lui avait été révélé que ce modeste oratoire .serait remplacé et absorbé par un temple magnifique érigé en l'honneur de la Reine des anges, que ce temple comprendrait toute l'étendue de cette superbe salle, avec son vestibule, et devait être construit et décoré sous la direction du plus puissant génie artistique que la terre ait jamais admiré 3? Et quelle pensée plus consolante eût-il pu

(1) Voyez Piazza, à propos de l'église de Santa Maria degli Angeli, dans ion ouvrage sur les gtationa de Rome.

(2) Le dernier cardinal du titre, éteiot aujourd'hui, de saint Cyriaque, dont l'église avait ét« construite d'uco partie de ces bains, fut le cardinal Bembo.

(3) La noble et b.jlle église do Santa Maria degli Angeli a et* construite par Michel-Ange dans l'enceintf! de la grande salle centrale et du vestibule circulaire que nous venons d« décrire. Le sol fut élevé par la suite, de sorte qn'' la hauteur de^* piliers a bt^ diminuée «i«

.plusieurs pied?, a'.Ldi ^ue celle (ie tour i'édiûce.

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