XXII. — LE VIATIQUE
La scène qui se passa à l'intérieur de la prison offrit le contraste le plus frappant avec la fureur brutale qui grondait à rext,5rieur. La paix, la sérénité, la gaîté 3t la joie y régnaient sans partage. Les pierres massives des murailles et les voûtes de la prison retentissaient d'une psalmodie triomphale, dans laquelle Pancrace donnait le ton. On eût pu dire que l'abîme y répondait à l'abîme, caries prisonniers du donjon inférieur répondaient à ceux du dessus, chantant en chœur alternativement les versets des psaumes les plus analogues à la situation.
La veille du jour où les condamnés devaient lutter avec - les bêtes, c'est-à-dire devaient être mis en pièces par elles, était toujours un jour de liberté plus grande. On permettait aux amis des victimes de les venir! visiter, et les chrétiens ne manquaient jamais de profiter de la permission pour se porter en foule à la prison et se recommander aux prièieë des saints confesseurs du Christ. Le soir, on leur servait ce qu'on app^î
(1) Ruinart, p. 56, Actc^ de sainte Félicité et dt 'et fils.
(Sd) P. 220, Actes de tainte Perpétue, etc.
i.3) Ruinart, p. 219. Ib. 146, Actes det martyrs lyonnaûf.