‹ FablesChapitre 14 sur 60 · LES CHEVRES QUI DEMANDENT DES CORNES · texte numérisé non relu

LES CHEVRES QUI DEMANDENT DES CORNES

Les chèvres autrefois, de cornes dépourvues,

Dirent à Jupin, roi des nues :

« 0 Jupin, regarde nos fronts:

Point d'armes ; cependant sur la boule où nous sommes On rencontre des loups, des enfants et des hommes,

Gens vils, scélérats et fripons ; Eh! bien, 6 Jupiter, arme nos fronts de cornes, Et tout en admirf^nt ta puissanc'e sans bornes,

A jamais nous te bénirons. »

« Mes filles, dit le dieu, vous voilà satisfaites. » Des cornes à l'instant poussèrent sur leurs têtes j

Une épaisse barbe au menton

Compléta même un si beau don.

« 0 Jupin, s'écrièrent-elleSj

Lne barbe à des demoiselles, Plaisantez-vous ? en tout cas, grand merci, Heprencz votre barbe et les cornes aussi, m

Et les voilà criant, des jours, des nuits entières : Jupin fut sourd à leurs prières.

Leçon à vous, mâles beautés, Qui, prcf(;ranl une plume à l'aiguille,

RégTiez sur le Parnasse et non dans la famille.

Croyez-moi, descendez de ces monts enchantes ; il vous faudrait, pour marcher sur nos traces,

Jeter dans le sentier la couronne des Giàces : Oh ! n'en fa i les pas l'aiiandon j Elle vous sied trop bien, Mesdames :

Vous éles femmes, restez femmes, Ou gare la barbe au menton I

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