‹ FablesChapitre 15 sur 60 · LE CHASSEUR ET LE SERPENT · texte numérisé non relu

LE CHASSEUR ET LE SERPENT

Certain chasseur longeait une rivière \

Le malheureux au désespoir, D'ici, delà, dans les airs, sur la terre, Tournait les yeux pour ne rien voir.

Usait des plombs pour ne rien faire.

Tout-à-coup lui vient au devant, Au lieu d'un lièvre, un monstrueux serpent. Notre homme, sans perdre la tète, Lui lance des plombs et l'arrête -.

Il accourt, il regarde et dit : « Te voilà pris. » Le reptile était mort, du moins à son avis. Le chasseur tout joyeux sur le sable le laisse Et va soudain dans la forêt Chasser un gibier d'autre espèce.

« Ce soir, dit-il, heureux et satisfait, Jeviens te prendre. » Il tint promesse. Vers le soir il arrive, approche du serpent,

Le touche d'un pied méprisant.

L'animal engourdi se réveille et se dresse

Contre le chasseur imprudent, De ses plis vigoureux il l'enlace et le presse; L'infortuné pousse un cri de détresse, Des pieds, des mains combatet se défend, Mais en vain; l'animal enfin est triomphant. Et le mort tua le vivant.

N'accordons ni repos, ni trêve.

Aux vices de l'âme et du corps, Ayons pour les percer toujours la main au glaive: Semblables au reptile étendu sur la grève Us nous livrent la guerre et nous les croyons morts.

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