‹ FablesChapitre 25 sur 60 · LE VENT ET LE MARRONNIER · texte numérisé non relu

LE VENT ET LE MARRONNIER

Le marronnier touffu, sous l'aile des autans, Voyait tomber son beau feuillage ; Use plaignait au dieu des vents.

Le marronnier toujours souffrait même dommage. « 0 dieu des airs, dit-il enfin, épargne-moi. On me dépouille et je ne sais pourquoi. Que t'ai-je fait? Lorsque viendront en nombre, Femmes, enfants, demander un peu d'ombre,

Et lorsque les petits oiseaux Voudront chanter sur mes humbles rameaux, Ou déposer leurs nids dans mon feuillage sombre, A ma douleur sera-t-il rien d'égal ?

Nu, dépouillé, squelette végétal.

Je vivrai dans l'ennui vivant dans la misère; J'aime à faire du bien et n'en pourrai pas faire. » Une voix lui répond : a Marronnier généreux, Le dieu des airs t'admire et te pardonne.

Du gai printemps au sombre automne Verdira ton feuillage épais et vigoureux. Ta conduite est noble et bien rare, Tu vis heureux par tes bienfaits Et goûtes des plaisirs inconnus à l'avare, Que ton exemple saint le condamne à jamais,

0 riche, sois heureux, si tu verses raumône: Il est doux de la prendre et beau de la donner. Cet or que tu répands formera ta couronne : A qui donne beaucoup on doit bien pardonner.

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