L'ENFANT ET LA ROSE
Une gentille enfant regardait une fleur. Belle, éclatante au lever de l'aurore.
Deux jours après elle laviteneorC;
Mais aux pieds du passant moqueur, Et l'enfant la nomma : la rose du malheur. (( 0 rose du malheur, dit-elle, fleur trahie,
Pourquoi, déchirée et flétrie,
Voltiger seule en ce chemin?
Faut-il accuser le destin? ))
« J'étais au milieu du jardin.
Fraîche et nouvellement éclose.
Répond-elle ; un seigneur entre et cueille une rose. C'était moi. De sa main que je dus embaumer, J'entrai dans un salon, brillante, épanouie. Avec mes doux parfums ma beauté s'est enfuie :
L'ingrat a fini de m'aimer
Quand j'ai cessé d'être jolie.
Et inainlcnnnt. objet du céleste couroux,
Aux caprices des vents jaloux
Je livre mes feuilles impures.
De mon malheur, enfants, souvenez-vous.
Mettez votre innocence à l'abri des injures. Le temps efface tout, excepté nos souillures. »