‹ FablesChapitre 27 sur 60 · L'ENFANT ET LA ROSE · texte numérisé non relu

L'ENFANT ET LA ROSE

Une gentille enfant regardait une fleur. Belle, éclatante au lever de l'aurore.

Deux jours après elle laviteneorC;

Mais aux pieds du passant moqueur, Et l'enfant la nomma : la rose du malheur. (( 0 rose du malheur, dit-elle, fleur trahie,

Pourquoi, déchirée et flétrie,

Voltiger seule en ce chemin?

Faut-il accuser le destin? ))

« J'étais au milieu du jardin.

Fraîche et nouvellement éclose.

Répond-elle ; un seigneur entre et cueille une rose. C'était moi. De sa main que je dus embaumer, J'entrai dans un salon, brillante, épanouie. Avec mes doux parfums ma beauté s'est enfuie :

L'ingrat a fini de m'aimer

Quand j'ai cessé d'être jolie.

Et inainlcnnnt. objet du céleste couroux,

Aux caprices des vents jaloux

Je livre mes feuilles impures.

De mon malheur, enfants, souvenez-vous.

Mettez votre innocence à l'abri des injures. Le temps efface tout, excepté nos souillures. »

Page 1