‹ FablesChapitre 34 sur 60 · LE COLLEGIEN ET LE GARDE-FOU · texte numérisé non relu

LE COLLEGIEN ET LE GARDE-FOU

Avec quatre planches légères,

Sur un ruisseau large et profond

On avait fait un petit pont 5 Et comme en cet endroit bergers, propriétaires, Passaient et repassaient allant je ne sais où,

Ce pont avait un garde-fou.

Un collégien de village,

Jeune étourdi que le latin Avait rendu non moins sot mais plus vain,

Un jour méprisait cet ouvrage.

ce Eh ! parbleu, disait-il, avec un fier dédain. Belle précaution ! pense-t-on qu'à mon âge

On ne peut franchir ce passage

Sans garde-fou, sans appui-main, Nous verrons : )> A ces mots il arrache, mutile.

Cet appui-main, bois inutile

Qu'un propriétaire imbécile

A, sans doute, dit-il, rcvc dans son cerveau. Son travail terminé, sur la planche fragile,

Le voilà qui s'avance agile, Songeant à son exploit, un peu plus qu'au ruisseau; Il glisse et tombe au fond de l'eau.

Lois, préceptes, conseils où notre âme s'appuie, Garde-fous précieux de l'homme et de l'enfant,

Sans votre secours tout puissant

Qui pourrait traverser la vie ?

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