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LE PRLNXE ET LES GALÉRIENS

Il est un lieu de sûreté, Monde abject qu'ont peuplé la misère et le vice. Et sur lequel pèse, irrité.

Le bras vengeur de la Justice :

Je veux parler du bagne. En ces cachots affreux, Entre un jour, sans éclat, un prince valeureux, Sensible, bon et généreux, Clément surtout. Charmé de sa présence Le condamné déjà songe à sa délivrance : Jeunes et vieux, faibles ou menaçants, Tous, en chœur, font frémir la voûte De leurs vivats reconnaissants.

Après ces doux transports, bien mérités sans doute

Le prince avec bonté leur parle, les écoute. Leur demande le jour, jour de honte et d'horreur, Où glissèrent leurs pieds au sentier de l'honneur. Chacun alors se justifie :

L'un accuse le sort, l'autre la calomnie, D'autres à la misère accordent certains droits ; Puis ceci, puis cela, puis enfin la Justice

Dont les balances quelquefois, Penchent où tombentl'or, non où tombent les lois j

Enfin ces vétérans du vice Montrent un cœur innocent ou novice.

Et si du vrai, du bien le grand prince est jaloux,

Il doit ouvrir la porte à tous.

Je me trompe : il fut un coupable!

Un vieillard, horrible assassin,

Dont la jeunesse misérable Achetait des plaisirs au prix du sang humain,

Se lève et dit : « Prince, ma vie Fut toute cruauté, honte, opprobre, infamie j Aussi, plus malheureux, j'allais dire plus franc

Que la foule de mes confrères.

Je viens m'asseoJr au premier rang Des vagabonds plongés dans les galères. Renier ses forfaits est un crime nouveau. Je les maudis, les avoue et les pleure,

Bénissant Dieu dans ma demeure.

Dieu qui m'a sauvé du bourreau. »

Le prince transporté d'une feinte colère,

Se lève et dit d'iin ton sévère :

« Quoi ! parmi tant d'honnêtes gens, On souffre un homme sanguinaire !

Loin d'ici le bandit qui, sans tarder longtemps. Corromprait leurs cœurs innocents. »

L'ordre est exé(-'uté. Plein de reconnaissance. Le forçat sort joyeux de l'horrible prison.

Convaincu par expérience Que Taveu d'une faute en obtient le pardon.

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