LE RENARD ET LE LOUP-CERYIER
Fripon renard sortait d'une volière,
Chargé d'un coq et d'un pigeon:
Un Icup-cervicr, personnage glouton,
A pas pressés le suivait par derrière :
11 l'atteint et lui dit : « Dépose ce fardeau.
— Mais, seigneur... — Point de mais, il me le faut, tedis-je.
— Ah ! du moins laissez-moi ce faible pigeonneau :
Un serment solennel m'oblige D'empoisonner un lâche, un de mes vieux amis,
Et je viens d'un lointain pays
Acheter ces deux volatiles :
Ils ont le corps rempli de poisons et d'onguents, Leur apparence est belle et la mort est dedans.
— De ces oiseaux je n'ai que faire.
Lui dit la béte sanguinaire.
Je riais : va, nigaud, va, poursuis ton chemin. »
Aussitôt le renard malin,
Au lieu d'empoisonner son frère ou son voisin, Doucement se retire au fond de sa tanière, Et là paisiblement déchire son butin.
De vieux renards le monde est plein ; N'abusons pas de leur faiblesse :
On les prend par la force, ils prennent par l'adresse.