L'ENFANT DÉNICHEUR
D'un jeune enfant suivie, une veuve, une mère, , Se promenait un soir dans un clos solitaire. (( Ecoute, Ernest, dit-elle. » Ernest à ce seul mot
De sa mère approche aussitôt.
Au pied du mur celle-ci se retire, Et du doigt lui fait voir un nid, Lui commandant de n'en rien dire.
L'enfant dix fois le lui promit.
Promettre est commun au jeune âge, flanquer à sa parole encor Test davantage. Dans le verger, le lendemain, Il entrait avec un voisin De ses amis le plus fidèle, Chargé de faire courte-échelle.
Son ami donc, au pied du mur, pénihlement. Se tient immobile un moment :
Ernest approche et sur son dos s'élance,
Tandis que son cœur bat de peur et d'espérance,
Cri profond de la conscience,
Qui s'élève contre ses torts :
Le mal porte en lui le remords, îl se dresse pourtant, retourne un peu la tête,
Car un regard, un bruit, un rien.
Pourrait en deuil changer la fête, Puis, au mur se cramponne et se tient bel et bien. « Les vois-tu, s'écriait l'impatient compère? » « Pas encor, répondait le grimpeur téméraire. »
Heureux s'il eût vu la vipère
Cachée au sein du nid menteur.
Mais, avide, inquiet, l'imprudent dénicheur Avance, touche au nid, palpitant de bonheur ;
Las I ce bonheur ne dura guère !
Au même instant s'élance la vipère
Qui pique l'enfant à la main.
L'enfant pousse un cri de détresse, Perd l'équilibre et tombe ensanglanté.
Son compagnon, épouvanté,
Loin de lui prouver sa tendresse,
Ne montre que sa lâcheté :
A travers champs il s'enfuit et le laisse.
Que devint le blessé? l'histoire n'en dit rien,
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Mais en traits pareils elle abonde.
Indociles enfants, jeunesse vagabonde.
De celui-là profitez bien.