Fables
— Quoi ! non content de la manie De nous accabler de ses vers, Singeant tel homme de génie,
Dont le nom remplit l’univers,
Cet inconnu veut dans son livre, Avec l’espoir de se survivre, illustrer son obseurité !
C’est le comble de la folie Qu'’étaler tant de vanité
Au sein même de la cité
Où nous avons proscrit Thalie ; Où jamais, par nous exalté, L’auteur de la localité
N'a pu tirer de son ouvrage (Que pas un journal n’a cité), Ni quelque argent ni quelque hommage !— Tu le vois, on va m'accabler.
Ton gracieux talent lui-même N’écartera point l’anathême.
Le moyen de ne pas trembler Quand déjà j'entends la tempête
Gronder et fondre... sur ma tête ?
oo
AUX ARTISTES QUI ONT BIEN VOULU ILLUSTRER MES CINQ PREMIERS LIVRES DE FABLES.
Quoi! mes amis, vous consentez
À donner un corps à ce livre,
Dont, sans vous, les moralités N’auraient pas grand chance de vivre.
En vain je me suis efforcé
De bien copier la nature,
D’être correct, clair, sans enflure ; Dans ce livre vingt fois laissé,
Limé, poli, recommencé,
Dans ce pauvre enfant de mes veilles , Hélas ! je n’ai pas fait merveilles.
Mais à ce peu d'esprit que j'ai
Vous daignez ajouter le vôtre,
Et soudain mon livre est changé ;
Il est neuf, amusant, tout autre :
Je l'avais, je crois, mal jugé.
Avec Genod, Chaine et Laurasse, Il a du brillant, de la grâce ;
Un l'esprit fécond, mille attraits Avec Bonirote et Fonville,
Perrin, Gaillard. Ciel! j’oubliais Get autre enfant de notre ville, Farine, auteur de vingt croquis Arrivés pour moi de Paris.
Grâce à vos efforts, mon ouvrage, Brillant d’un éclat tout nouveau, Près d'être submergé, surnage
Et suit gaiment le cours de l’eau...
Mais si du livre l’existence
Demain subit une autre loi,
Ce qui doit vivre autant que moi,
C'est, du moins, ma reconnaissance.
LE LIVRE ET LE MONUMENT
lip r d'Arnbarse, E. Lvar
HE 7 cle MATIERE NN 417 IVÉMINDIUS MGUENDOUSS LES Tandis qu'au temps lui-même empruntant sa lumière Le {ivre se li$ait encor.