‹ FablesChapitre 105 sur 121 · L'ÉPERVIER ET LE RAT · texte numérisé non relu

L'ÉPERVIER ET LE RAT

Un jeune Epervier vit un Rat.

fl fondit sur la pauvre bête.

Lutte horrible ! Le Rat tient tête

Quelques instants au scélérat,

Dont le bec crochu le déchire.

Mais c'est en vain qu’il se débat :

La terre est rougie... il expire.

Tout fier de son premier combat,

L'Épervier de chanter victoire :

— Encore un nom, dit-il, qui vivra dans l’histoire ! J'ai, je crois, noblement inauguré ce nom.

A-t-on vaincu jamais avec plus d'éclat? Non.

Quel superbe ennemi! sa force était terrible ;

Le sang jaillissait de ses yeux ;

Dans sa fureur irrésistible,

Il semblait quelquefois s’élancer jusqu'aux cieux. Sa taille était dix fois la mienne; Il tenait beaucoup de l’hyène ; Son moindre coup de dent aurait été mortel.

On eût dit qu’il bravait et la terre et le ciel ; Mais ma seule valeur, par la gloire enflammée,

L’a fait rentrer dans le néant. —

D'un ennemi vaincu qui n’était qu'un pygmée

La vanité fait un géant.

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