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FABLE VILT. 13
Aux rugissements du lion L’écureuil arriva bien vite.
Moins alerte en toute action, Le serpent ne parut qu’ensuite.
Le premier va, vient, voit, s’agite, Cherche à couper le câble, y renonce, y revient, S'acharne à ronger et n’obtient Qu'un résultat bien misérable.
— Ah! dussé-je y perdre mes dents, Dit l’écureuil, il faut que j’entame le câble ! — Le serpent, arrivé, s’écria : —Que de temps Il va falloir à mon compère Pour tirer le lion d'affaire.
Quels terribles filets ! comme ils sont forts ! Je crains Que les ronger soit impossible !
Pauvre et cher lion ! je le plains !
Sa fureur extrême est visible.
Mais que venait-il faire ici ?
Le chasseur est tout près. Hanter ce voisinage , Assurément n’était pas sage.
Que va-t-il devenir ? Ce m'est un grand souci. — Sans tant parler que la couleuvre , L’écureuil constamment à l’œuvre
Choisit si bien sa place et fait si bien des dents,
Qu'un seul câble coupé, tout part en même temps. Sous l'effort du lion une trouée énorme Le dégage à la fin : tous deux gagnent les champs. Le lion s’écria, parmi des pleurs touchants : — D'un ami vrai prenant la forme, Le serpent, à coup sûr, ne m’aimait qu’à demi : Il vient, voit mon danger, en raisonne et soupire. Toi, tu me sauves sans mot dire :
Voilà le véritable ami ! —