‹ FablesChapitre 6 sur 121 · LE COCHON ET L'OURS · texte numérisé non relu

LE COCHON ET L'OURS

Un ours jouait avec un gland.

Un cochon, qui le voyait faire , Le supplia très-poliment , Si ce gland cessait de lui plaire, De vouloir bien le lui donner.

— À moins que Monseigneur, ayant faim, ne préfère L'ajouter au menu de son propre diner.

— Voyez-vous cette bête immonde !

Dit l'ours, son appétit s'attaque à tout le monde ! Le maître goinfre ! F1 faut du gland Pour le dessert de ce gourmand !

Déjà la panse toute pleine Et ne se trainant plus qu’à peine ,

Il voudrait encore engloutir

Ce noble fruit dont peut sortir

Quelque chêne géant, l'honneur de la province ! Mais aujourd’hui, je suis bon prince.

Tiens, donc, voici ton gland; mange, avide animal ; Satisfais ta gloutonnerie.

— Le ton que vous prenez n’est pas fort amical, Dit le porc; gardez, je vous prie, Votre gland ; car, sachez-le bien :

Qui donne mal, ne donne rien.

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