‹ FablesChapitre 83 sur 121 · LE FLEUVE ET LES DEUX CAILLOUX · texte numérisé non relu

LE FLEUVE ET LES DEUX CAILLOUX

Deux cailloux entraînés par l'onde, L'un contre l’autre se heurtaient,

Et, quoique bons amis, sans cesse se battaient : Leur douleur en était profonde.

—0 fleuve maudit, réponds-nous :

Que t’ont fait deux pauvres cailloux Pour être traités de la sorte ?

Eh quoi ! nous obliger à te servir d’escorte ! Si doux nous serait le repos :

Ah ! rejette-nous vers la terre.

0 grand fleuve, ordonne à tes eaux De nous rendre au sein d’une mère. — — Souffrir est un devoir pour tous,

Leur dit le fleuve. Ignorez-vous

Combien mes soins vous sont propices ?

Vous étiez raboteux, déjà vous voilà lisses ; Vous deviendrez encor plus brillants et plus doux. Je ressemble à la politesse Dont les lois contraignent sans cesse, Mais qui rend les hommes entr'eux

Plus aimables et plus heureux.

Page 1