LIVRE QUATRIÈME
On vit arriver à la fête,
Portés sur la brise du soir,
Les guêpes à la fine tête
Et les bourdons au corset noir ; On vit les actives abeilles
Avec des rayons de miel doux Quelles mirent dans les corbeilles Des jeunes et charmants époux ; Et l’on vit, en files égales,
Les phalènes et les cigales,
Les midas et les papillons.
Cela formait des tourbillons D'une splendeur incomparable ; Et jamais bal plus mémorable
Ne fut donné dans un jardin.
La pourpre, l'or, l’azur, la soie
De toute part mêlaient soudain, Parmi les doux éclats de joie, Dans les airs leurs brillants reflets.
On chanta de joyeux couplets :
Les danses furent animées,
Le dîner, fort dispendieux.
On y but la boisson des dieux Dans des corolles parfumées,
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Et chose assez rare, partant, Chacun s'en retourna content.
Non pas! Voilà que je m'abuse.
Une cigale eut du regret
Et s’en revint toute confuse
Se cacher dans son nid discret.
C’est qu’elle avait été saisie D'une profonde jalousie
En voyant que tous les regards Se tixaient sur la taille fine D'une frigane sa voisine.
—On eut eu pour moi des égards, Tout tristement se disait-elle,
Si ma tournure était plus belle, N'importe ; on dira, quelque jour, Reprit-elle avec arrogance,
Que je suis comme faite au tour Et que j'ai beaucoup d'élégance.
Ft, là-dessus volant au loin, Elle cueillit un brin de foin Pour se faire un léger corsage. Elle se serra fortement,