LIVRE QUATRIÈME
Dit le maître du pauvre friche À son voisin l’habitant riche :
Puis il continua : Je ne fais point d’excès : Je sème le printemps, qu'est-ce que je récolte ? Un peu de grain, et du mauvais ; Oui vraiment cela ine révolte,
| —Je pensais que tu le savais
Ce secret merveilleux qui féconde ma terre, Car je n’en fais pas un mystère, j Reprit l’autre cultivateur ; | Je le tiens d’un économiste Qui l'avait appris d’un chimiste Qui l’acheta d’un enchanteur :
Il s’agit de changer, par un true bien fcile, | En grains d’or pur les grains de blé.
ni —Tu me prends, je le vois, pour un fier imbécile. ‘ È
—Mais pas du tout.
; — Alors il faut être endiablé.
—Mais non! rien de plus simple: écoute | ,
{ Et tâche de bien retenir ; \
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Si tu fais comme moi, je n’en ai pas de doute, La fortune va te venir, I faut premièrement engraisser ta prairie, Car c’est dans le fumier Que se trouve cet or qu'on nomme or du fermier. Fais un labour égal. C’est la sorcellerié Qui le veut de cette facon, Or, cela s’'apprend sans lecon.
Tu sèmes du grain net, avec soin tu le herses, Et c’est tout, mon ami. Sois sans anxiété ; S'il ne t'arrive pas de chances trép adverses Pendant l'été, La moisson sera bonne A l'automne ; Et, lorsque tu battras ton grain, Tu trouveras, j'en suis certain, De l'or en abondance :
Si tu n'en trouvais pas n’accuse point les cieux, Ce serait imprudence, Mais recommence encore et fais de mieux en mieux,
Le simple paysan se promit bien de suivre De son voisin le bon conseil.
Quand il battit ses blés, à l’époque du givre, Il ne trouva rien de pareil
LS LIVRE QUATRIÈME 255 Aux grains d’or qui devaient se détacher des gerbes, | Mais des moissons superbes Couvrirent ses clos tous les ans e I devint riche un jour parmi les paysans.
er, À Faites votre travail avec intelligence, ; Vous en avez tous les moyens, Et vous verrez bie ntôt s'enfuir votre indigence, À Ones braves concitoyens. { { (A (} . | * | LIEUX, \1
FABLE XIV