LE DORMEUR
LS Dormez, c’est nécessaire, Mais ne dormez pas trop, Le temps fuit au galop.
À chaque anniversaire Le dormeur a perdu, Tout compte bien rendu, La moitié d’une année, C’est b ‘aucoup abréger, Pour un plaisir léger, Notre courte tournée
En ce bas lieu.
Un dormeur le comprit, un peu trop tard sans donte : Il se trouva soudain au terme de sa route Croyant n'être encor qu'au milieu.
Il avait de l’aisance, Grâce à ses bons aïeux Qui ne dormirent guère et travaillèrent vieux. Il ne lisait jamais, même par complaisance Pour sa curiosité.
Il prit de l'obésité Et c’est tout ce qu’il voulait prendre, Il se mettait au lit, le soir, A l’heure où les poulets montent sur le juchoir, Mais il ne pouvait pas comprendre Qu'on doit se lever le matin.
Peur de se voir confondre il fuyait les disputes. Il ne voyageait pas. Le tour de son jardin En quatrevingts minutes, C’était un bel exploit et le plus prompt des tours, Sur la terre ou sur l’onde, Après le tour du monde En quatrevingts jours.
I] vieillit de la sorte, ignorant bien des choses Que les hommes doivent savoir.
Sa taille s'affaissa, son teint perdit ses roses ;
oute :