‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 138 sur 182 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Il accusa sa glace et, pour ne plus s’y voir, Il la mit tout en pièces.

Ce furent là, je crois, ses seules hardiesses.

Un jour il entendit un superbe vieillard, Un véritable personnage, Parler de son jeune âge Perdu dans le passé comme dans un brouillard, Parler de ses travaux, de ses limpides gloires ît des victoires De son drapeau.

Il trouva cela beau ; Puis, prenant la parole :

— Mais qui donc êtes-vous ? Vous devez être âgé Vous qui tant avez fuit ? dit-il d’une voix molle.

Le vieillard se nomma.

—Que te voilà changé !

Dit l’autre en retrouvant un compagnon d'enfance.

—Je suis changé, c’est vrai, mais toi tu l’es aussi. 2") ;

—Moi ? mais comment cela, je n’ai point de souci,

— Ï] serait superflu de se mettre en défense Contre le temps qui, las ! nous emporte avec Jui : Nous avons tous les deux le même âge aujourd'hui,

— Et tout ce que tu viens de dire Tu Pas fait depuis qu'on s’est vu ?

— Oui tout, et je ferai davantage, pourvu Que la mort veuille bien ne pas me l’interdire, Mais toi, qu’as-tu fait, mon ami ?

— Hélas !moi j'ai dormi !

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FABLE XVI

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