LIVRE QUATRIÈME
Celui qui relève où foudroie
Les grands empires des humains S'occupe aussi des petits êtres
Que les homimes, ces puissants mattres, Foulent aux pieds dans les chemins.
Pour aujourd'hui je vous rapporte
Une histoire de ce temps-là ;
Un papillon, devant ma porte,
L'autre soir me la révéla.
— Une sauterelle excentrique, De par la haute autorité Veillant avec austérité
À la moralité publique,
Vit un jour s'étendre au soleil, Sur une feuille de vanille, Une gracieuse chenille
Prise du besoin de sommeil,
Et se montra scandalisée :
— Vous êtes bien mal avisée, Dit-elle en grossissant sa voix, De vous exposer de la sorte, Au mépris de nos sages lois ; A vous enfuir je vous exhorte, Sinon... la prison !
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— Ecoutez ma raison, 1 Sauterelle ma mie ; | Je me suis endormie,
Car je suis lasse de marcher ;
J'ai fait une bien longue route ; Et je crois, somme toute,
Que vous ne pouvez m'empêcher De reposer une minute.
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—Quand on est ver On ne prend pas ce ton amer 1 Et tout de suite on s'exécute :
Va donc sans souffler mot Pour six mois au cachot.
Nix mois, c'est long dans lexistence Des petits insectes dorés De nos prés, Et, malgré son omnipotence, La sauterelle avait vieilli. Son allure était fort pénible, Et sa place était disponible, Car souvent elle avait failh, Depuis quelques journées, À sou devoir duns ses tournees,