‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 142 sur 182 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

N'ayant nulle appréhension

Au sujet de sa pension,

Car jamais l'Etat ne maltraite Celui qui fut un bon limier, Avant de prendre sa retraite Elle vint trouver le premier Et lui présenta sa requête Ecrite comme une oruison,

Le P'emier, en cette saison, Occupait par droit de conquête Son siége dans le Parlement.

C'était un papillon charmant Qui portait, bien que jeune encore, Sur l'aile un reflet de l'aurore.

Il lut avec attention La touchante pétition De la suppliante,

Puis, d’une voix conciliante,

I] loua longuement

Un si béau dévouement :

—Je comprends dit-il, à merveille, Ma bonne vieill:.

Qu'il vous faut du repus.

Je sais un petit gîte

Admirablement clos ;

On va vous y conduire vite Et pour longtemps.

J’y suis resté, ma bonne, :

Depuis Pautomne Jusqu'au printemps

Par votre sollicitude,

—Moi j'ai commis pareille horreur ?

Ah ! vous faites erreur,

J'étais toute mansuétude

Pour les insectes haut placés.

—Madame, c'e:t assez!

Je n'aime pas que l’on querelle Quand on est sauterelle :

Au cachot done à votre tour !

Je suis sous sa forme nouvelle

L'humble ver qu'avec tant de zèle Vous maltraitiez un jour.

Trailez avec égard tout homme respectable, Vous qui tenez quelque pouvoir en main ,

Ici-bas rien n’est stable :

Le sujet d'aujourd'hui c'est le roi de demain

FABLE XVIII

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