LE SECRET DU BONHEUR
Un grand fermier, un fermier riche Et pas trop chiche Avait à son service un pauvre journalier Qui portait gaïment le collier.
L'un travaillait toujours, l’autre, pas de l’année :
Le travailleur chantait tout comme son seigneur,
Et souvent après sa journée Semblait goûter plus de bonheur.
Mais le maitre trouvait une gaîté si belle Peu naturelle.
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—Ce rustre, pensait-il, a quelque doux secret, Quelque bonne ruse Dont il use En homme discret, Il faut l’interroger, J'ai le droit de connaître, C’est un fait patent, S'il est toujours aussi content Qu'il s'efforce de le paraître.
Or, le soir arrivé ot l'ouvrage achevé, Le serviteur, près dela flamme Du foyer, Au lieu de larmoyer, Dans un couplet joyeux laissa rire son âme.
—Tu chantes bien, dit le fermier, En vérité cela m’intrigue :
Tu ne sens donc pas la fatigue ?
— La fatigue, je l'aime ; ellc "end mon sommier D'une mollesse souveraine.
—Tu trouves du plaisir à travailler toujours ?
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