‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 158 sur 182 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

Tant de bonnes paroles Consolaient le pauvre animal Mais ne guérissaient point son mal Pendant ce temps l’avoine, à pleines casseroles, Les bottes de foin, Les litières de paille Etaient servis avec grand soin Aux amis qui faisaient ripaille,

Le médecin était venu.

C'était un sage méconnu Qui de son grand savoir ne faisait point parade.

—Je vois bien, lui dit le malade Avec émoi, Que c’est fini de moi :

Cependant je mourrais sans peine S'il ne me fallait pas laisser autant d'amis.

—Consolez-vous, dit l’autre, et mourez bien soumis ! Votre espérance est vaine Si vous comptez sur leur appui.

Ils ont tout dévoré votre humble patrimoine, Et si la mort, mon cher, ne vous prend aujourd’hui, N'ayant plus de foin ni d'avoine,

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Vous mourrez de faim Demain.

Ne mettez pas votre Joie À compter des amis nombreux, Que votre cœur plutôt s'emploie À les choisir généreux.

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