‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 163 sur 182 · LE VOYAGEUR · texte numérisé non relu

LE VOYAGEUR

Après une assez longue absence Un voyageur revint au village natal :

— Oui, je reviens mourir au lieu de ma naissance, Dit-il en soupirant, et le destin fatal Va, je l'espère, Me laisser expirer en paix.

IT semblait ployé sous le faix De la misère ; IT était mal vêtu, Avait le dos courbé, le regard abattu.

On le fuyait. Il eut peine À trouver un gîte. Les frères, les amis ne le connaissaient plus.

—Je comprends, leur dit-il, la peur qui vous agite,

Mais gardez-moi ce soir ; vraiment, je suis perclus.

Il me faut du repos, il me faut nn refuge ; Je partirai bien sûr demain.

Pour ne pas paraître inhumain Aux yeux du monde qui nous juge Où contre nous se fait témoin, Un frère lui permit d'occuper aux mansardes Un petit coin.

Le lendemain matin, ayant changé de hardes, Fiant, frais et dispos Après un bon repos, Notre humble voyageur se hâta de descendre, On fut un peu surpris de voir ce changement, Le charbon qui sort de la cendre Ne se transforme pas, non, plus étrangement.

s agite, erclus.

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