‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 168 sur 182 · LE FLEUVE ET LE RUISSEAU · texte numérisé non relu

LE FLEUVE ET LE RUISSEAU

Un ruisseau descendait, de chutes en rapides,

Du pied des Laurentides

Au fleuve Saint-Laurent ;

Il murmurait fort en courant,

Non parce que ses flots roulaient en abondance, — Il n’en avait que peu—mais bien par impudence

Et pour faire du bruit,

Afin qu'on fut instruit

De son passage.

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r A LIVRE CINQUIÈME

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Lorsque l’on est petit, ma foi !

On attire les yeux sur soi En faisant beaucoup de tapage.

I] arriva, sans le savoir,

Avec toute sa véhémence

Sur les rives du fleuve immense. Le fleuve passait sans le voir.

—Où portes-tu, fleuve, ton onde ?

Demanda-t-1l d’un ton amer.

—Moi? je vais au sein de la mer, Répondit de sa voix profonde Le fleuve qui marchait toujours.

— Arrête ici ton cours ;

La mer n'a pas besoin de ton onde limpide :

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Epanche dans mon lit aride

" Tes flots qui vont li-bas mourir ; Tn

14 C’est moi petit ruisseau que tu dois secourir. ; nce

—Tais-toi pauvre insensé; si je changeais ma course: Pour obéir à tes propos,

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Je remonterais à ta source Et t’engloutirais sous mes flots.

Cette fable peut nous apprendre Que nous aurions parfois de bien profonds regrets Si ceux que nous prions consentaient à se rendre A nos vœux indiscrets.

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FABLE XVI 1

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