‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 169 sur 182 · LE CARCAJOU · texte numérisé non relu

LE CARCAJOU

Quand les cristaux de la gelée Eurent fleuri les eaux au fond de la vallée, Le rival de Tanner, le maître de nos bois, L'ours qui vit sans manger pendant au moins six mois, Usant de son grand privilége, Dormit en attendant le départ de la neige.

Mais un vieux carcajou s’empara du pouvoir Et le fit aussitôt savoir A tous les animaux de la forêt profonde.

— C'est sur le droit, dit-il, que mon pouvoir se fonde : L'ours me l'a confié pour jusques au printemps ; Et l’on m'obéira par amour où par crainte.

Après nn certain temps, Comme il entendit quelque plainte Contre sa haute autorité, T1 voulut sur le champ savoir la vérité, Mais de quelque facon plus confidentielle, Il fit annoncer pour cela, Dans la Gazette officielle, L'important avis que voilà :

Tout animal, petit ou gros, mâle ou femelle, 1!

Qui veut de ses conseils aider le carcajou Sera le bien venu ; la promesse est formelle,

L'avis passa pour un bijou Et tous les animaux en prirent connaissance, Plusieurs partirent aussitôt ; C’étaient les plus petits, les bêtes sans naissance Et qui payaient l'impôt.

Le renard, soupzonnant quelques piéges ignobles,

Ne se pressa pas trop ; il attendit les nobles,

e fonde :

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