‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 174 sur 182 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

Avait osé lui faire un jour.

Ni la légende, ni l’histoire

Ne nous apprennent tout à fait

Ce qu'était ce petit forfait,

Mais on peut tout de même y croire Et le fait n’est point controuvé,

Après avoir longtemps couvé Sa vengeance,

La couleuvre avec diligence rampe dans un vallon Où descendait l’aiglon Qui l'avait, disait-elle—

Et ce n'était pas bagatelle—

Traitée avec peu de respect.

îlle sourit à son aspect

Et se montre toute gentille,

L’aiglon s'apyroche doucement.

Elle lui dit coquettement :

—Oublions, va, cette vétille !

Soyons amis, embrasse-moi,

Je te pardonne, sur ma foi !

—S0yons amis, ma toute belle, Et ne faisons plus la rebelle, Lui réplique l’aiglon de feu.

—Je veux te suivre, ouvre ton aile Et porte-moi dans le ciel bleu.

L’aigle la prend, puis avec elle Il monte, il monte on ne sait où.

LE Et pendant qu’il plane et qu’il flotte, | Pour se venger la pauvre sotte

Le mord au cou.

Il tombe,

Mais moins blessé que stupéfait ; Elle tombe aussi, puis succombe Aux blessures qu’elle se fait,

Voici ce que ma fuble exprime :

Fun Celui-là qui pour se venger

il S'erpose à quelque grand danger Ajoute la folie au crime.

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FABLE XX

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