LE RENARD ET LE LIEVRE
—Sauve-toi ! sauve-toi ! cours donc, stupide lièvre ! Oh ! quelle bonne peur !.. Je te donne la fièvre Et te fais rudement secouer ta torpeur !
On me le disait bien que tu n'étais pas brave Et que la fuite était ton jeu Quand le danger devenait grave, Mais je croyais, vraiment, que l'on mentait un peu. Q
Ainsi maître renard, tout fier de sa vaillance, Injuriait un lièvre en le suivant de près.
Le lièvre répondit :
—Je sais ta malveillance, Mais je ne te fuis point exprès ; La peur qui me tourmente Vient du loup affamé qui court derrière toi.
— Un loup ? fait le renard dont la vitesse augmente, O lièvre, mon ami, va moins vite, attends-moi.
IL est bien ridicule De se croire plus fort que celui qui recule Denant une enace ou la vigueur d'un bras ; IL est assez stupide De se croire une égide Quand on crie au secours pour le moindre emburrus.
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FABLE XXI
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